Aujourd’hui nous avons rendez-vous en terre inconnue à la découverte des coulisses d’un ouvroir lavallois. Lorsqu’on pousse la porte de cette salle des sous-sols de l’église Ste-Thérèse, on ne sait pas trop à quoi s’attendre car le terme d’ouvroir n’est certes pas très usité. Que cache-t-il comme secret?

« Qu’il soit domestique ou religieux, l’ouvroir désigne un lieu où l’on se rassemble pour effectuer différents ouvrages et notamment des travaux d’aiguilles » explique Brigitte Huon, ravie de nous faire découvrir les coulisses de cet atelier de confection. Dans les ouvroirs domestiques sont confectionnés les vêtements nécessaires aux personnes de la maison. Lorsqu’ils sont religieux, on y façonne des vêtements liturgiques. C’est le cas de l’ouvroir de Ste-Thérèse, né il y a environ trois ans pour satisfaire la commande d’un futur prêtre du diocèse. 

Un atelier de quatre petites paires de mains

Brigitte, Roselyne, Paulette et Renée se rassemblent une fois par semaine, le mercredi matin. Rendez-vous vers 9h30 autour d’un café pour démarrer la matinée avant de s’adonner au travail d’aiguilles. “Nous travaillons certes mais nous sommes toujours heureuses de nous retrouver pour ce temps de convivialité et de papote amicale”, expriment-elles. Toutefois, de l’ouvroir transpire un climat particulier : « comme nous sommes au service de la liturgie, ce travail constitue une forme de prière » annonce en souriant Brigitte.

 

La diversité des vêtements liturgiques traduit une grande richesse spirituelle

Dans la petite ruche, on admire une grande diversité de pièces dédiées à la liturgie. La dalmatique, chasuble à manches courtes et amples est propre au diacre. L’ amict est un rectangle de toile fine muni de deux cordons qu’un prêtre ou tout autre ministre peut passer autour du cou avant de revêtir son aube. L’étole, symbole du ministère ordonné, est portée par le prêtre ainsi que par le diacre qui la porte en biais. Les quatre petites fées ont également confectionné un voile huméral, châle de grande dimension utilisé pour le salut du Saint-Sacrement. Pour le linge liturgique, on trouve le purificatoire, le corporal, le manuterge…« Cela m’a permis de découvrir tellement de noms et de mieux comprendre le pourquoi de chaque geste liturgique » affirme Paulette, paroissienne d’Avesnières qui ne troquerait pour rien au monde sa mission de service.

Brigitte, Paulette, Roselyne et Jacqueline
ont cousu main l’ensemble des vêtements liturgiques
conçus pour la fête de  l’Immaculée Conception, le 8 décembre. 

Contact : 

Ouvroir de la Maison paroissiale Ste-Thérèse. 
6 Rue Mac Donald à Laval
02 43 53 00 36

chasuble

L’atelier travaille en collaboration avec d’autres couturières

Les couturières de l’ouvroir sont très soucieuses de partager et d’établir un contact avec d’autres paroisses. Par exemple, la réalisation de la chasuble de l’évêque est issue d’une collaboration avec deux élèves de la section Métiers de la Mode et du Vêtement du lycée professionnel de l’Immaculée Conception. Ce sont les couturières de l’ouvroir qui ont réalisé le patron et taillé la chasuble. Les pièces de tissu ont ensuite été confiées aux étudiantes pour qu’elles confectionnent le vêtement. Ce travail collectif a suscité beaucoup d’enthousiasme, c’est pourquoi l’atelier propose des kits. Pour ceux ou celles qui désirent apprendre à réaliser des surplis, l’ouvroir fournit sur demande un kit constitué du modèle souhaité et du tissu.

 

 

Les armoiries de l’évêque ont été brodées à la main
par des élèves de la section Métiers de la Mode
du lycée de l’Immaculée Conception.

Une livraison prévue le 8 décembre…

Tout sera prêt pour le 8 décembre pour la grande fête de l’Immaculée Conception. “Nous avons réalisé trois chasubles, deux dalmatiques, un voile huméral, des surplis, des amicts, des étoles, ainsi que la mitre de notre évêque” ! Paulette le dit avec le sourire mais dissimule difficilement une certaine fierté devant ces réalisations raffinées et ornées d’un monogramme scrupuleusement choisi, à l’initiale de Marie. 

Nous pourrons toutefois admirer ces belles réalisations dès le dimanche 5 décembre. En effet, à l’issue de la messe dominicale de 9h30, les vêtements seront exposés dans une chapelle de la basilique d’Avesnières. N’hésitons pas à venir les admirer ainsi que les superbes sur-nappes bleues agrémentées de galons dorés réalisées par Paulette pour les différents autels de l’édifice. Une occasion de célébrer ce beau qui élève l’âme.

Valérie Fourtané

Le monogramme marial a été acheté tout fait
et posé méticuleusement sur la mitre, et la grande chasuble.