Au tout début de l’Avent, le 1er décembre, le Pape François se trouvait à Greccio. C’est une commune d’Italie de 1600 habitants. Elle est devenue célèbre il y a bientôt 800 ans, en 1223. C’est là que, selon le désir de saint François, pour la première fois, on a fait la crèche. Et nous aussi, dans nos maisons, dans nos écoles, dans nos églises, cette année encore, nous avons préparé la crèche…

Et le Pape François a choisi la petite Greccio pour nous adresser une lettre. Il nous rappelle que « le cœur de la crèche commence à battre quand […] nous y déposons l’Enfant Jésus. Dieu se présente ainsi, dans un enfant, pour être accueilli dans nos bras. Dans la faiblesse et la fragilité, se cache son pouvoir qui crée et transforme tout. » Chacun de nous est invité à se laisser toucher par la présence du tout-puissant qui se fait tout petit parmi nous.

« C’est dans cette condition [d’enfant] que Dieu a voulu révéler la grandeur de son amour, qui se manifeste dans un sourire et dans l’extension de ses mains tendues vers tous.

» Et souvent, avant de déposer l’Enfant-Jésus dans la crèche, on le présente à tous, les mains tendues vers chacun en signe d’accueil.

« La grâce de Dieu nous apprend, dit saint Paul, à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde… » Quelles sont cette impiété et ces convoitises que saint Paul met dans le même sac ? Oh ! sans doute elles peuvent prendre bien des formes

Mais saint Paul a compris que l’appât du grain, le repli sur nos richesses, la jalousie envers les autres, c’est exactement l’inverse des mains du Fils de Dieu tendues vers nous.

Que nos mains ne se ferment à la relation mais qu’elles s’ouvrent comme celles de Jésus, pour l’accueil, la relation et le partage !… L’impiété trouve sa source dans l’égoïsme, le contentement se soi et  l’ivresse de la réussite… Alors il n’y a plus de place pour Dieu.

Dans l’icône de la Nativité ci-contre, les Mages sont déjà là… Comme chez les orthodoxes qui suivent le calendrier julien et non le calendrier grégorien, et qui fêtent l’adoration des Mages le jour de Noël, le 7 janvier.

« Les Mages nous enseignent qu’on peut partir de très loin pour rejoindre le Christ. » Et peut-être parmi vous, le soir de Noël, certains sont venus à la messe simplement pour faire plaisir à la famille. « Les Mages sont des hommes riches, des étrangers sages, assoiffés d’infinis, qui entreprennent un long et dangereux voyage qui les a conduits jusqu’à Bethléem. » La Bonne Nouvelle, c’est que chacun de nous peut se présenter à la crèche.

Bethléem, en hébreu, signifie « la maison du pain ». Le soir de Noël, nous avons déposé l’enfant-Jésus dans la mangeoire… Dans l’offrande eucharistique nous pouvons entrevoir que Bethléem est vraiment un nom prophétique. Nous suivons le Fils Dieu dans son Incarnation, sur un chemin d’humilité, de pauvreté, de dépouillement, un chemin qui, de la mangeoire de Bethléem, le conduira lui — le Fils de l’homme et le Fils Dieu — jusqu’à la Croix.