Accueil : Chers amis, notre terre de Mayenne est une terre mariale

Des signes : 3 des 4 paroisses de notre doyenné du Pays de Mayenne qui réunissent 25 communes (28 villages) portent le nom de Marie : paroisse ND St Martin de Mayenne-Moulay, paroisse ND du Hec, paroisse ND sur la Varenne. Et quand nos paroisses ne portent pas le nom de Marie, c’est le nom de la Mère de Marie, de la grand-mère de Jésus. C’est notre paroisse : paroisse Ste Anne sur Aron. A noter que sur notre paroisse Ste Anne sur Aron, la moitié des 8 églises de nos 8 communes sont dédiées à ND de l’assomption : Belgeard, Commer, Grazay, la Bazoge Montpinçon. L’amour de Marie, au fil des générations, a laissé des traces architecturales, parce qu’il est gravé dans les cœurs. Les églises paroissiales n’y suffisent pas. De nombreuses chapelles sur notre territoire honorent Marie : sur notre doyenné, 2 célébrations ont lieu dans 2 chapelles, ici dans notre chapelle de ND de Doucé et également dans la chapelle de ND du Hec. Bravo de perpétuer cette tradition en venant célébrer ND de l’assomption en ce lieu. Bonne fête à tous ceux et celles qui se prénomment du beau nom de Marie. Bonne fête à tous. Nous porterons spécialement dans notre prière Mme Brigitte de FEYDEAU dont c’est aujourd’hui la messe du souvenir, en ce lieu qu’elle appréciait tant avec son mari et sa famille.

Que ND de Doucé apporte de la douceur dans nos comportements, dans la société et dans notre Église, là où il y a parfois de la violence….Que le Seigneur nous purifie

 

Homélie : Ap 11, 19a ; 12, 1-6a. 10ab ; Ps 44 ; 1 Co 20-27a ; Lc 1, 39-56

Chers amis,

Notre évêque Mgr Thierry Scherrer qui célèbre en ce moment à Pontmain l’Assomption de la Vierge Marie, avec et pour des milliers de pèlerins, doit se réjouir de savoir qu’en même temps, en Mayenne, terre mariale, on célèbre jusque dans les plus humbles chapelles la gloire de Marie. Pourquoi notre évêque doit-il se réjouir particulièrement de notre célébration ? Parce qu’il y a 6 ans, en 2013, accomplissant durant une semaine, en octobre, sa visite pastorale, il nous avait encouragés en ces termes : « Si j’avais à insister sur un point particulier, c’est sur l’importance de la dévotion populaire. La visite de quelques chapelles (St Denis à Grazay, ND de Doucé à Jublains et Ste Anne à Marcillé) nous a permis de vérifier l’engagement convaincu de beaucoup de chrétiens attachés à leur patrimoine religieux et qui investissent beaucoup d’argent et d’énergie pour entretenir ces lieux et les rendre priants. Il y a un enjeu pastoral important qui nous dit la nécessité de ne pas délaisser ces lieux et de les réinvestir par des célébrations ponctuelles qui pourront rassembler des chrétiens qui ne sont pas des pratiquants réguliers.  Le pape François nous dit qu’il y a dans la piété populaire ‘’une force activement évangélisatrice’’ ».

La dévotion populaire,

C’est pour nous, aujourd’hui, prier en cette chapelle, au milieu des champs en regardant la statue de ND de Doucé. Jésus porte et s’amuse avec un tourtereau. Marie porte une tourterelle. Jésus et Marie sont proches de nous, proches de la nature. La dévotion populaire est faite pour les gens simples qui se mélangent avec les autres : « Il s’est penché sur son humble servante », des gens qui se satisfont de bancs qui sont comme ils sont, des gens qui posent des gestes simples comme d’allumer une votive, de toucher la statue, des gens qui chantent des cantiques hauts et forts, sans amour-propre. En 2001, Rome a publié un Directoire sur la piété populaire et la liturgie, pour encourager et inviter au discernement. Pour encourager : « La dévotion populaire, c’est un sens presque inné du sacré et de la transcendance, un sens aigu de la paternité de Dieu, de sa providence, de sa  miséricorde. Les fruits de cette dévotion sont la patience dans les épreuves, le désir de plaire au Seigneur, de faire pénitence, le détachement des choses matérielles, la solidarité, le sens de l’amitié, de la charité et de l’union familiale ». Pour discerner : notre foi doit être toujours éclairée, régulée par la liturgie.  Ici, dans notre chapelle, il est difficile de discerner entre légendes et histoire, à propos des chaînes accrochées au mur. Ce qui est sûr, c’est que les ex-votos expriment, au fil des ans, des remerciements bien réels pour des secours obtenus bien réels.

Aujourd’hui, ce qui est important pour nous, c’est de célébrer ensemble le Christ en honorant Marie, en lien avec Pontmain, Lourdes et toutes les paroisses et communautés religieuses.

 Allons à l’essentiel : Pie XII, en 1950, définit la foi de l’Église, au sujet l’Assomption de la Vierge Marie : « Au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée Mère de Dieu, a été élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel ». Intéressant : 1. Marie est bien comme nous, fille d’Adam. Elle est corps et âme. Elle est bien de notre humanité. Cf culte de Ste Anne et St Joachim. Après le Christ, Marie, au terme de sa vie terrestre, est la première ressuscitée. Son corps n’a pas connu la corruption. Elle est passée toute entière dans le monde de Dieu 2.  Marie est fille d’Adam et nouvelle Eve. L’assomption est en lien avec son Immaculée Conception (8 décembre), sa maternité divine (Noël. 1er janvier), sa coopération à l’œuvre du salut. 3. « Elevée » de assumere en latin, prendre, enlever, différent de ascendere : monter (l’Ascension de Jésus)…..Le Christ, Roi immortel, monte au ciel, mais Marie, créature, est élevée par Dieu à la gloire du ciel et invoquée désormais comme Marie-Reine C’est un gage d’espérance pour toute l’humanité.

Cette tradition de la fête de l’Assomption est née au 6e s, en orient (dormition). 3 siècles plus tard, cette fête se répand en Occident. Elle se développe en France à partir de Louis XIII et son épouse Anne d’Autriche. Après avoir fait prier le Royaume pour obtenir un descendant qui sera Louis XIV (1638-1715), Louis XIII consacre la France à Marie, en action de grâce. Cela deviendra un jour férié, un des 11 jours fériés de notre calendrier actuel.

Continuons, année après année, à célébrer de façon populaire, ici à ND de Doucé….

Soyons des héritiers et des bâtisseurs. Des héritiers : ne confondons pas églises paroissiales et chapelles. L’Église paroissiale est le lieu symbolique fort pour dire avec le baptême l’entrée dans la communauté chrétienne, pour dire avec les mariages la grande étape d’une vie, bien en lien avec la communauté locale. Les chapelles sont des lieux propices pour des consécrations à la Vierge, après un baptême, après un mariage. Des bâtisseurs : soyons inventifs pour développer des temps de prières, des circuits de randonnée, parfois des temps de prière pour l’accueil de personnes divorcées-remariées, suscitons par village/hameau des fraternités paroissiales….

Chers amis,

Le 15 août est la fête du ciel. Notre éternité est en route. Vivons sur la terre, en lien avec le ciel. Quoi que nous disions, quoi que nous fassions, vivons cette dimension d’éternité, avec la présence de nos chers défunts. Que ND de Doucé ne cesse de nous enseigner la douceur des forts : « Heureux les doux car ils recevront la terre en héritage », comme la force des doux : « Le Royaume de Dieu souffre violence, et ce sont les violents qui s’en emparent ». Que notre espérance du ciel traverse tous nos espoirs, tous nos projets, alimente notre témoignage et renouvelle notre engagement pour la vie rurale de nos villages. Apportons humblement un peu de ciel sur la terre.

AMEN