Avent et Noël

Le message de notre évêque pour l’Avent

Le temps de l’Avent est ce temps de préparation à la venue du Sauveur, Jésus-Christ. Il est aussi un temps d’Espérance qui est au fondement de la mission. Aussi, remettons notre GPS sur la bonne direction.

lire le message de Mgr Scherrer

“L’Avent est ce temps liturgique qui nous prépare à Noël. Et en même temps, par delà cette venue de Dieu dans notre chair, le temps de l’Avent nous prépare aussi à la rencontre ultime de chacun de nous avec le Seigneur. C’est le temps de l’espérance, où avec l’Eglise entière nos regards de croyants se portent vers le retour du Christ dans sa royauté universelle. Ce n’est pas par hasard que l’année se termine par la fête du Christ Roi. Toute la dynamique chrétienne est tournée vers la venue du Seigneur, le jour de Noël, mais pas seulement. Nous savons très bien que la Bible se termine par cet appel, à la fin du livre de l’Apocalypse, “Viens Seigneur Jésus”, que nous rappelons à chaque eucharistie.

Notre foi nous dit donc que Jésus est venu une première fois, c’est la fête de Noël. Mais elle nous dit aussi que dans l’intervalle, Jésus ne cesse aussi de venir à nous. Et de mille manières : au cœur de nos activités, au cœur des événements de nos vies, Il vient à nous dans la prière, dans l’eucharistie. J’aime bien ce rite des débuts de l’Église, où le prêtre envoyait un servant d’autel au fond de l’église ouvrir la porte en lui demandant de voir si Jésus revient. Un rite ancien qui montre que la messe anticipe le retour attendu de Jésus.
Il vient enfin dans l’inattendu de nos rencontres, au quotidien.

 

L’espérance est au fondement de la mission

C’est précisément parce qu’il vient au cœur de notre histoire quotidienne que nous devons nous engager pour servir notre monde. Le Seigneur nous appelle à le construire avec Lui. Il nous appelle à construire avec lui le Royaume. Et donc, loin d’être une démission, l’espérance chrétienne est au fondement de la mission, au service de l’homme. Nous ne sommes pas fatalistes, ni de ceux qui croient que l’avenir est déjà écrit dans les tarots, les étoiles. Nous croyons à l’avenir que Dieu nous offre. Nous croyons que nous y participons. Oui, notre avenir est ouvert à notre liberté et il sera ce que nous en ferons.

 

Remettons notre GPS à la bonne destination

C’est dans cet esprit que je vis ce temps d’Avent. C’est le temps de l’attente, où nous remettons sur notre GPS notre destination finale de notre existence, la vie bienheureuse avec Dieu, et dans la conscience de ce que nous préparons à vivre,  nous laissons le Seigneur purifier notre désir pour aller à l’essentiel. Il y a donc un combat. C’est un appel à la vigilance contre nos désirs égoïstes, un appel à la vigilance, à veiller… Nous sommes bien appelés à veiller pendant tout ce temps de l’Avent, n’est-ce pas ? Tout cela est à faire dans une espérance joyeuse!

En Avent, toutes !

Voici l’Avent qui vient. En quatre dimanches et quatre étapes, la liturgie va nous conduire vers Noël, tout en douceur et en vérité, guidés par l’évangile de saint Matthieu. Jusqu’à Noël voici de quoi se préparer, se recueillir, prier, s’informer, se cultiver. En Avent, toutes !

Voici Noël qui vient.

En quatre dimanches et quatre étapes, la liturgie va nous conduire vers Noël, tout en douceur et en vérité, guidés par l’évangile de saint Matthieu. Jusqu’à Noël voici de quoi se préparer, se recueillir, prier, s’informer, se cultiver. En Avent, toutes !

Dieu quelle est belle la liste des mots de l’Avent et de Noël :  » désir de Dieu, se tenir prêt, conversion, préparer les chemins du Seigneur, joie, Dieu avec nous, Emmanuel, qu’il vienne le Seigneur! c’est lui le roi de Gloire ! Dieu lui-même vient nous sauver… » A vous d’en trouver d’autres.

Avant Noël, l’Avent !

Ce mot d’origine païenne, était employé pour désigner diverses cérémonies d’anniversaire de dieux et en particulier, l’anniversaire de l’avènement de l’empereur. Tout naturellement, les chrétiens l’utilisèrent pour désigner le seul avènement qui valait d’être célébré, celui du Seigneur.

En attendant Noël...

Avent vient du latin « adventus » qui signifie avènement. C’est pourquoi il s’écrit avec un « e » et non un « a ». Cet anniversaire de la naissance du Christ (dies natalis), remplaça le dies natalis du soleil vainqueur de la nuit au solstice d’hiver. L’instauration définitive eut lieu avant le IVème siècle puisque la plus ancienne attestation connue de la fête de Noël, remonte au calendrier philocalien dressé à Rome en 336.
A cette époque-là, le cycle pascal, avec le Carême comme prélude, était déjà mis en place. On voulut de même commencer le cycle de Noël par une période préparatoire. St Hilaire écrit : « Notre Sainte Mère l’Eglise se dispose chaque année à l’avènement du Seigneur par ce temps mystérieux de trois semaines. » Le souci d’analogie avec le Carême amena par la suite des exagérations de durée que l’Eglise ramena à de justes proportions. On trouve le temps de l’Avent à peu près constitué comme aujourd’hui dès le VIème siècle.

La préparation de Noël

D’après le calendrier romain, « Ce temps de l’Avent a un double caractère. Il est en effet, temps de préparation aux solennités de la Nativité durant lesquelles on fait mémoire du premier avènement du Fils de Dieu, et, par là même, il oriente les esprits vers le second avènement du Christ attendu pour la fin des temps. »
En premier lieu, l’Avent est donc préparation à Noël. Si le point culminant de l’année liturgique demeure la fête de Pâques, la célébration de la Nativité n’en reste pas moins importante. Car, le Christ glorieux de la résurrection ne doit pas nous faire oublier la pleine humanité de Jésus. Sa naissance comme tout autre nouveau-né, manifeste la réalité de l’incarnation. Les premiers siècles, qui n’avaient aucune considération pour les enfants, l’ont bien compris. Que l’abaissement de « cette naissance détestable … par les éléments qui servent à la génération et puis …(de cet état) d’enfant jeté là plein d’entraves … nourri de façon ridicule » (Tertullien 220) fasse partie du dessein de salut de Dieu pour les hommes, donne la mesure de son amour infini et rappelle en même temps que le Ressuscité du matin de Pâques et Jésus de Nazareth, né de Marie, ne font qu’un.

Le second avènement

En second lieu, l’attente de l’anniversaire de Noël aiguille sur l’attente du retour définitif du Christ. St Cyrille, dans une de ses catéchèses pré-baptismale, enseigne : « Nous ne nous arrêtons pas au premier avènement, nous attendons aussi le second. Dans le premier avènement, il est enveloppé de langes dans la crèche; dans le second, il est revêtu de lumière comme d’un manteau. Dans le premier, il a subi la croix, ayant méprisé la honte; dans le second, il viendra escorté par l’armée des anges, en triomphateur. » En définitive, ces deux attentes permettent de déployer tout le mystère du salut, « déjà là » par la venue du Christ dans la chair, « encore à venir » à la fin des temps et en réalisation progressive aujourd’hui dans notre monde. La diversité et la richesse des textes d’Ecriture choisis pour cette période, manifestent la densité de sens de ce temps de l’Avent et la difficulté de le circonscrire en peu de mots. Mais cela permet ainsi à chacun, pour préparer Noël, de s’arrêter sur ce qui lui parle le plus et d’en goûter toute la saveur.

Béatrice PIGANEAU

A Noël, on voit des crèches partout…

… dans les églises, les maisons, la rue, les magasins…

Comment expliquez-vous cela ?

Eh oui ! Le succès des crèches ne faiblit pas !

Et pourtant la question indique un étonnement et peut-être un certain agacement : comment se fait-il que les crèches ‘apparaissent’ partout ? La crèche serait-elle victime de son succès ?
C’est Noël avant Noël…. ! Mais n’est-ce pas le reflet de ce que nous voyons dans nos rues et dans nos magasins ? Noël est devenu un argument commercial et la crèche avec !… Au même titre que le Père Noël ? Quand à la crèche de la ville, comment la comprendre ? « Et la laïcité ! » s’offusquent certains. Serait-ce que nos crèches seraient un patrimoine culturel commun de notre société française ? Bref, la crèche ne serait-elle plus qu’une tradition vidée de son sens, du folklore, au sens péjoratif du terme ?
Cherchons des chemins de réponses en regardant, par exemple, les enfants avec leur impatience à préparer le sapin, à installer la crèche…. ? Avec la crèche, n’est-ce pas un peu de notre enfance qui se réveille ? A quel besoin répondons-nous quand nous venons en ce lieu d’émerveillement où se joue aussi la naissance de la foi… ? Naissance qui dit le mystère de la vie. Les crèches, qu’elles soient de Provence, de Venise ou d’Afrique, nous disent à quel point chaque culture se retrouve et se projette dans la crèche et c’est normal puisque le Verbe s’est fait chair pour rejoindre tout homme quelque soit sa culture. Mystère de la présence d’un Dieu Emmanuel « Dieu-avec-nous »…
La crèche concentre tout le mystère de Noël et qu’y découvrons-nous ? Une atmosphère de simplicité et de confiance… les valeurs de paix et de joie… le caractère sacré de la vie…un message de solidarité avec les pauvres et finalement de don de soi qui prend sa source dans l’accueil du Don de Dieu. Si la crèche déjà installée dans notre église est restée vide pendant l’Avent, heureux sommes-nous d’avoir pu y entrevoir l’image de la pauvre crèche de notre cœur. Enfin, qui n’associe pas la crèche et Noël ? Même si beaucoup de nos contemporains ne savent pas en dire davantage, n’y a-t-il pas là une chance pour annoncer la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui s’est fait proche ?
Les crèches sont partout. Faut-il s’en attrister ? Réjouissons-nous plutôt et saisissons toutes les occasions pour leur redonner sens. Pasteurs, parents, grands-parents, parrains et marraines et nous tous : à nous de jouer !

Le sens de Noël

Pour les chrétiens, la fête de Noël célèbre la naissance de Jésus, le Sauveur attendu, annoncé par les prophètes.
En hébreu, Jésus veut dire « Dieu sauve ». Ce nom même révèle la mission de Jésus pour les hommes : les sauver et les conduire vers Dieu, le Père.
La naissance de Jésus est le cœur de ce qu’on appelle le « mystère de l’incarnation » : « le verbe s’est fait chair » sans perdre sa nature divine. Vrai Dieu et vrai homme.

Dieu se fait homme !

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Aussitôt les bergers se rendent sur les lieux et découvrent ce que l’ange avait dit.

Dieu le Tout-Puissant se révèle dans la simplicité, la pauvreté, la fragilité d’un nouveau-né, la vulnérabilité de l’enfant. Dieu se fait homme parmi les hommes en partageant en tout leur condition humaine excepté le péché. Il se manifesté d’abord aux bergers, pauvres parmi les pauvres.

La venue des trois mages manifeste que Jésus, le Fils de Dieu est venu pour tous les hommes, tous sans exception, croyants ou non, riches ou non, cultivés ou non… Tous les hommes sont invités à aller à la rencontre de Jésus.

Préparer un cadeau, c’est l’offrir déjà

Fabriquer un cadeau, le choisir dans un magasin, prendre le temps de le chercher, cela représente un certain investissement de soi-même. Quelle joie peut-on avoir à préparer un cadeau ? Pourquoi n’est-ce donc pas une perte de temps ? Pourquoi le fait d’offrir un objet semble-t-il avoir plus de valeur que la somme d’argent correspondante ? Cela irait tellement plus vite de glisser une enveloppe avec un billet dedans.

Quel cadeau offrir ?

Ce qu’ont apporté les Rois Mages auprès de l’enfant Jésus : de l’or, de l’encens et de la myrrhe, peut nous aider à répondre à cette question de l’argent. Pourquoi n’en n’ont-ils pas apporté eux-mêmes au roi du monde ? C’eut été tellement simple.

Pour ou contre le don d’argent ?

Faut-il comprendre que le symbole même des objets apportés avait sa nécessité ? On ne s’étendra pas ici sur des explications réservées aux exégètes. L’idée est de retenir l’intérêt d’offrir des objets remplis de signification. Donner de l’argent, c’est beaucoup plus pratique, cela évite au donateur un investissement personnel de recherche. Mais, par là même, le cadeau devient beaucoup plus anonyme. L’argent semble un mauvais symbole de don, il n’a ni matérialité, ni mémoire. Comme on a vite fait de se débarrasser d’une espèce d’obligation ! Cela n’exclut pas évidemment le sens de l’argent de poche que l’on offre souvent aux adolescents. Tels les grands-parents à leurs petits-enfants. De cadeau périssable (la somme d’argent), il devient rapidement cadeau durable et la valeur symbolique du cadeau peut reprendre toute sa force. Heureusement !

Choisir ensemble est aussi une source de grande joie

Il arrive souvent que l’on aille choisir ensemble un cadeau. Les adolescents préfèrent cette formule à laquelle cèdent volontiers les parents, pour être sûrs de ne pas les décevoir. N’est-il pas vrai qu’en préparant son cadeau, on se demande toujours si cela plaira. Quelle tristesse de sentir que l’autre n’est pas entièrement satisfait ! N’est-il pas vrai dans un sens que l’on n’aime pas offrir quelque chose que l’on n’aime pas. Le plaisir doit être réciproque, et c’est là, tout l’art de bien choisir. Choisir ensemble, cela gâche un peu l’effet de surprise. Une surprise ! Les enfants n’en sont-ils pas friands ? C’est un plaisir que l’on ne saurait occulter. D’où l’importance de réserver la formule du “choisir ensemble” à une tranche d’âge plus avancée. C’est au moment de la rencontre que cette longue préparation trouve sa finalité. La joie était grande de penser à ce cadeau, elle est immense quand il est donné, son souvenir sera tout aussi fort.

Véronique LARAT

Se réjouir du cadeau

Noël, nouvel an, période particulière, un peu comme hors du temps, période où l’on met de côté sa raison et où on laisse parler son cœur. On se tourne vers ceux que l’on aime. Il y a quelque chose à préparer, quelque chose à renouveler, l’occasion est là qui nous est donnée pour oublier, effacer, pardonner, se changer et, finalement, se mettre dans une disposition de cœur et d’esprit qui nous ouvre à l’attente et au plaisir du cadeau que l’on va offrir ou recevoir.

Attendre, recevoir. Noël est bien un cadeau !

Attendre

L’attente de la fête qui se prépare dans le secret, avec les conciliabules, les airs de connivence et de mystère est un temps d’attente du présent que l’on va recevoir. On y prépare le cœur, on le dépouille et le purifie pour être disponible et joyeux d’accueillir.
Ah ! l’attente d’une surprise, à la fois craintive et délicieuse, mêlée d’impatience et d’appréhension d’être déçu ou au contraire emplie de sagesse, selon la confiance qui nous habite. Les manques et les blessures sont parfois ravivés dans cette attente, la tentation est grande de s’en protéger en “blindant” son cœur sous des airs dégagés ou bourrus. N’oublions pas la violence, trop souvent éveillée dans ces temps d’attente où le vide, le manque d’amour, les privations sont ressenties douloureusement. Et l’on s’aperçoit que, dans ce temps d’attente, il faut réajuster ses désirs, les rendre possibles, accessibles, leur donner un sens…
Que l’on soit tout petit, avec des yeux ronds comme des billes, ou déjà dans la maturité, l’attente d’un présent provoque toujours un je ne sais quoi dans le cœur. Que l’on s’en défende ou non, n’attendons-nous pas toujours un petit paquet, un mot, un signe d’amitié, une carte, une fleur, une attention qui nous fait vivre ? et, selon notre “gourmandise”, ce cadeau attendu peut être grand ou petit, sophistiqué, de valeur, ou tout simple, fabriqué avec des mains adroites.
Notre vie précipitée, hâtive, nous prive parfois de cette attente qui est un espace riche de vie intérieure, de silence, de rêve, mais d’incertitude aussi, prometteur pourtant d’étonnement, de plaisir, de rencontres, de retrouvailles à venir. Ne bâclons pas cette attente, cette attente du cadeau, elle est comme une espérance qui se renouvelle au fil des fêtes. C’est un temps donné pour se mettre à l’écoute, se renouveler.

Recevoir

Accueillir un cadeau, c’est accepter un geste d’amitié, d’affection ou d’amour qui s’offre, c’est reconnaître l’autre derrière son présent, c’est réaliser que, par son cadeau, il nous fait vivre, il nous fait exister. Ce cadeau, arrivé à l’heure, ni trop tôt pour que l’attente grandisse, ni trop tard pour que l’attente ne se lasse, espère une disposition gratuite du cœur. Il est offert pour combler, toucher, faire plaisir, sa seule raison d’être, c’est le sourire de celui qui l’accueille. La petite étincelle partagée, dans cet instant, est un moment de communion, éphémère sans doute, mais appelée à grandir. Recevons gratuitement, en éloignant toute idée d’être en dette, de mériter une récompense ou de participer à une transaction de cadeaux. Recevons le cadeau rien que pour le plaisir, jouissons-en et prolongeons notre regard vers celui qui fait le don, notre plaisir est son plaisir, notre joie, sa joie… comme des enfants étonnés. Magie de l’instant.

Et Noël est bien un cadeau

Dieu n’attend-il pas notre joie, plus forte que nos peines, nos malheurs, nos souffrances ? Ne désire-t-il pas notre paix, plus douce que nos guerres ? N’espère-t-il pas notre amour plus grand que nos haines ?

Dominique HAENTJENS