Depuis quelques mois, les services de la gendarmerie et de la police constatent davantage de vols et de dégradations dans les églises en France. La Mayenne n’est pas épargnée. Avec ou sans intention de profanation, ces délits blessent la foi des croyants, mais il faut rester prudent.

Une enquête est actuellement en cours, en concertation avec les maires des communes concernées et les prêtres responsables des paroisses et des lieux de culte.

 

Comment réagir devant des vols ou des dégradations ?

Les faits sont tout de suite signalés à la gendarmerie. Les églises, comme d’autres bâtiments, sont des lieux publics, ouverts à tous… Dans la majorité des cas, elles sont la propriété des communes. Quand une église est dégradée ou qu’un vol y est commis, c’est d’abord l’ordre public qui est remis en cause. Les maires et les conseils municipaux y sont très attentifs. La collaboration est toujours bonne et constructive pour garder les églises ouvertes.

 

Que s’est-il passé à Renazé ?

Une nuit, le tabernacle a été arraché et emporté. Pour les Chrétiens, le tabernacle est le lieu où le Seigneur lui-même repose dans les hosties consacrées. Qu’il y ait ou non intention de profanation, ces délits blessent toute la communauté des Chrétiens, dans leur foi et leur identité.

Peut-on célébrer la messe dans cette église ?

Une église est consacrée au culte par des rites et des prières. Quand elle a été profanée, elle ne peut plus accueillir aucune célébration. Il faut d’abord qu’un rite pénitentiel soit réalisé. C’est ce qui a été fait samedi dernier dans l’église de Renazé. Il peut donc à nouveau y avoir des célébrations.

 

Ces actes sont-ils dirigés contre les Chrétiens ?

Il faut rester prudent. Il y a quelques années, une série de vols et de dégradations ont eu lieu en Mayenne. La gendarmerie a mené l’enquête et a découvert qu’il s’agissait d’un réseau de voleurs d’un autre pays d’Europe… Ces vols n’étaient pas dirigés contre la foi des Chrétiens.

 

Le rite pénitentiel, triste et réparateur

Les délits perpétrés dans une église blessent d’une certaine manière toute la communauté de frères qui croient dans le Christ, et dont l’édifice sacré est le signe et l’image*. Cet extrait du Cérémonial des évêques donne le ton : la dégradation d’objets ou de lieux sacrés, touchent profondément la foi des croyants, si bien que l’injure faite à une église doit être réparée par une rite pénitentiel aussitôt que possible*. La messe ne peut y être célébrée tant que ce n’est pas fait, et en signe de pénitence, l’autel sera dépouillé ; on enlèvera les signes qui d’ordinaire expriment la joie*. Un peu comme au jour de la mort du Christ, le vendredi saint, aucun luminaire n’est allumé, aucune fleur présente.

 

Toute l’Eglise diocésaine est associée au rite

Il est bon que l’évêque préside le rite pénitentiel* est-il précisé. Non par souci des honneurs, plutôt pour signifier que ce n’est pas seulement la communauté locale, mais bien tout l’église diocésaine qui est associée à ce rite et qui s’est préparée à la conversion et à la pénitence.
En l ‘occurrence, samedi 19 octobre, c’est le vicaire général délégué par l’évêque, le Père Luc Meyer, qui était présent en l’église de Renazé. La cérémonie a commencé par le chant du De profundis – Des profondeurs je crie vers toi Seigneur… –  Rien d’extraordinaire ensuite mais des paroles et des signes forts. 

 

Des paroles et des signes forts

Le prêtre a béni l’eau, en disant : nous en usons avec confiance pour implorer le pardon de nos fautes et obtenir la protection de ta grâce contre toute maladie et contre les puissances du mal…  Il a ensuite aspergé d’eau bénite l’autel, puis, traversant la nef, l’assemblée présente. Après les lectures, et avant le temps de l’eucharistie, c’est vers le tabernacle que le prêtre s’est tourné, disant : Seigneur, père très saint, tu as donné aux hommes le vrai pain du Ciel. Daigne nous bénir et bénir ce tabernacle que nous avons préparé pour conserver le sacrement du corps et du sang de ton Fils… **

*Cérémonial des évêques
** Livre des bénédictions N° 921
église Saint-Augustin de Renazé
crédit photo : Google Maps