Prière d’un malade
(prière lue dans le train – Pèlerinage Polios juillet 97 Lourdes)
proposée par le Père Michel HODEE, diocèse d’Angers.

Pourquoi cette souffrance ? Pourquoi moi ?
Qu’ai-je fait pour y être condamné ?
Vous ne pouvez savoir! vous ne pouvez comprendre !
Tous mes projets tombent et les vôtres sont bien solides.
Il me faut ces heures et ces jours de révolte,
expression de cette vitalité restante.
Accepte-moi tel que je suis… Deviens « écoute »

Tu ne peux faire à ma place le parcours qui est le mien,
mais ta compagnie, ta proximité me sont indispensables.
Tu ne sais de ma douleur que ce que je peux t’en dire avec mon corps,
mes gestes, mon langage. Incommunicabilité…
La souffrance, ça ne se dit pas. Ca se vit.
Si tu essaies toutefois d’imaginer
ce que personnellement tu vivrais dans cette situation, cela te permettra, peut-être, d’y voir plus clair dans tes réactions à mon égard.
Accepte-moi tel que je suis… Deviens « accueil »

Respecte mon silence et réponds simplement à mes interrogations.
Aide-moi à trouver ma vérité, non pas celle que je réclame et qui va me noyer,
mais celle qui me permettra de vivre, de garder la tête hors de l’eau,
de retrouver la paix, la dignité, un but…
Accepte-moi tel que je suis… Deviens « espérance »

Ne sois pas – si tu n’es pas soignant – un poseur de questions.
Ne viens pas d’abord pour « savoir ».
Respecte ma vulnérabilité, ma dépendance …
Fais attention à mon hypersensibilité…
Sois gentil, ne fais pas partie des trop nombreux donneurs de conseils.
Si je te confie un peu de ma vérité, garde-la pour toi…
Viens seulement pour ETRE… LA … AVEC…
Accepte-moi tel que je deviens… Sois « discrétion »

Il me faut parfois bâtir des barricades,
m’isoler dans ma coquille, ruminer mes soucis.
Sois là, près de moi à recevoir mes reproches,
J’aurai sans doute envie d’un geste amical,
d’un regard quand l’orage sera passé.
Mon agressivité à l’égard de tout et de tous vous étonne.
Accepte-moi tel que je suis… Deviens « patience »

Ta pitié cajole le nourrisson en moi qui se laisse dorloter.
Dès que l’adulte s’éveille, elle l’agace…
Garde cette petite distance entre nous,
cet espace de liberté qui respecte le mystère de chacun.
Parfois je te confie de mon intimité,
ne m’en demande pas plus ou du moins pas tout de suite
Accepte-moi tel que je suis… Deviens « délicatesse »