Le récit de la guérison des 10 lépreux, rapporté par saint Luc, est accompagné de celui de la guérison de Naaman, le syrien, repris du deuxième livre des Rois Ces deux récits se répondent et nous livrent 3 enseignements importants.

   Le premier est celui de l’amour de Dieu qui s’adresse à toute personne quelle qu’elle soit, un amour universel qui, ici dans nos lectures, donne le salut à des étrangers au peuple choisi d’Israël. Le général qui vient d’un pays païen et le 10ème lépreux qui est samaritain, une région rivale de Jérusalem. Le message est transparent. Dieu ne fait pas de distinction. Le salut est offert à toutes et à tous. Ce salut se réalisera à une condition cependant.

   C’est le deuxième enseignement à retenir. La condition pour l’accès au salut, à la guérison, dans le cas du général et des lépreux, c’est qu’ils fassent eux-mêmes une démarche personnelle de foi en Dieu. Pour Naaman, cette démarche se réalise dans la confiance en la parole de son représentant le prophète Elisée. « Le général syrien Naaman, qui était lépreux, descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois pour obéir à la parole d’Elisée », l’homme de Dieu. Pour les lépreux, elle se fait en se présentant à Jésus, l’Envoyé de Dieu, le reconnaissant comme tel. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous ». Dans les deux cas, le message est le même. Dieu désire que les personnes qui veulent s’approcher de Lui fassent elles-mêmes quelques pas. Il est capable de les guérir sans cela, mais le récit de saint Luc et celui de l’Ancien Testament nous montrent qu’en général Dieu agit lorsqu’on prend la peine de lui demander dans la foi.

   Troisième enseignement de ces deux guérisons : l’importance de l’action de grâces. Naaman désire combler le prophète Elisée : « Je t’en prie, accepte un présent de ton serviteur ». Devant le refus d’Elisée, il fait monter son action de grâce vers Dieu Lui-même, « car je ne veux plus offrir ni holocauste, ni sacrifice à d’autres dieux qu’au Seigneur Dieu d’Israël ». Et le 10ème lépreux, lui, fait demi-tour pour venir remercier Jésus. « Il revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus, en lui rendant grâce ! ». C’est sa façon de lui dire merci et de croire en Lui.

    Bien souvent, nous passons vite sur les grâces reçues en nous les appropriant comme les 9 lépreux sans en reconnaître la source. Ce à quoi nous invitent ces deux textes, c’est qu’à l’exemple de Naaman et du 10ème lépreux, nous sachions louer Dieu pour tous ses bienfaits, en particulier pour la vie qu’il nous donne et pour la création qui nous entoure. Nous pourrions souvent faire cette prière : « Seigneur Dieu et Maître du Monde, accepte la vie et la création que j’ai reçues de toi. Tu me les as données sur la terre ici-bas pour qu’elles deviennent porteurs de vie éternelle. Sois-en béni et remercié ! ».

    N’oublions pas que notre célébration eucharistique, chaque dimanche, est une action de grâces, ce que veut dire « eucharistie » : remerciement, merci ! C’est l’essentiel de ce qu’est la messe dominicale, la vivons-nous dans un climat d’action de grâces ?  Nous y apportons, bien sûr, nos demandes et nos intentions de prière personnelles, mais nous entrons surtout dans ce mouvement d’action de grâces universel qui nous fait reconnaître le don que Dieu nous fait dans le Corps et le Sang de son fils Jésus que nous partageons. Que notre célébration d’aujourd’hui nous trouve ouverts et ouvertes aux surprises de Dieu qui, non seulement guérit nos blessures, notre lèpre, mais nous accompagne sur notre route quotidienne comme un père ou une mère le fait pour ses enfants. AMEN.