Nous célébrons ce dimanche 9 janvier le mystère du baptême de Jésus-Christ,
cette fête qui clôt le temps de Noël et, c’est bien le mystère même de notre foi ; car tous, c’est
par le bain du baptême que nous sommes devenus enfants de Dieu et fils du très-haut.
Aujourd’hui nous avons entendu, comme le Christ dans l’Évangile, la voix de Dieu qui réaffirme
à chacun et à chacune de nous que nous sommes désormais ses enfants « Toi, tu es mon Fils
bien aimé, ma fille bien aimée : en toi, je trouve ma joie.»

Ce jour est l’aboutissement d’un long temps d’attente du peuple élu à qui les
prophètes ont annoncé la venue d’un sauveur, d’un libérateur pour les soulager de leur peine et
les rétablir dans leur dignité de fils et de fille bien aimé(e) de Dieu. La plongée dans l’eau est la
plongée dans la mort qui est la conséquence du péché. La sortie de l’eau nous fait surgir de
l’abîme, nous devenons « une création nouvelle ». Le baptême nous fait ainsi traverser la mort
avec le Christ dans sa passion et sa résurrection.

Dans l’évangile selon saint Luc, Jésus se fait baptiser dans l’anonymat avec le
peuple de ceux qui venaient vers Jean pour le baptême de conversion. C’est ce qui va étonner
Jean. Comment se fait-il que le libérateur du peuple de Dieu, le sauveur promis, celui qui est
plus fort que lui, qui baptise dans l’Esprit Saint et qui juge le monde, vienne à lui pour recevoir un
baptême de conversion ? Jésus n’a pas besoin de se convertir puisqu’il vient de Dieu et qu’il est
le saint d’Israël. Auprès de Jean, Jésus manifeste ainsi sa solidarité avec tous les pécheurs, avec
toutes les souffrances humaines et montre que toute personne pécheresse peut être guérie et sauvée
du péché, de la maladie et du mal. D’ailleurs, n’a-t-il pas dit : « Je ne suis pas venu pour les bien-
portants, mais pour les malades. ». Par son baptême, Jésus manifeste son désir de sauver tous
les hommes. En entrant dans le Jourdain, il assume cette mission reçue du Père de donner sa vie
pour le salut du monde. Son baptême est l’anticipation de sa Pâque et l’annonce de notre salut
.
Après son baptême, c’est « en priant » que Jésus reçoit l’Esprit Saint. Jésus prie
au milieu du peuple en communiant à ses souffrances et à ses espérances. Et Dieu accueille
cette façon de prier et l’expression qui le souligne, c’est « Le ciel s’ouvrit ». Quand le ciel s’ouvre,
c’est le signe que Dieu nous écoute et est d’accord avec notre demande. Jésus interroge donc
nos manières d’être solidaires des étrangers, des malades, des vieillards, des prisonniers, de tous
les exclus. Si notre prière est solidaire des besoins du monde et de nos frères et sœurs, Dieu
entend notre prière et nous accorde sa grâce. La prière est charité et est tournée vers l’autre.

La prière de Jésus nous révèle aussi un autre mystère, celui de la sainte Trinité.
Quand le ciel s’ouvre, Dieu se manifeste pleinement. L’Esprit descend sur le Fils sous l’aspect
d’une colombe et lui confère l’onction de Dieu et le Père témoigne à son sujet : « Tu es mon Fils
bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » L’Esprit-Saint, c’est le don que l’on reçoit du Père. Un
don, c’est un cadeau qui ne peut pas être possédé, mais toujours à recevoir par l’intercession de
notre prière. C’est par le baptême que nous sommes entrés dans la grande famille de Dieu et que
nous avons été adoptés comme fils et fille du même Père, frères et sœurs en Jésus-Christ. Et ce
statut nous a conféré une nouvelle existence en Dieu. Nous n’appartenons plus au monde, mais nous
vivons dans le monde comme des enfants de Dieu vivants et remplis d’espérance pour notre salut
qui est déjà acquis pour nous par le Christ dans sa mort sur la croix et dans sa résurrection.

En cette fête du baptême du Seigneur, rendons grâce pour tout ce que notre baptême
a permis en nous jusqu’à aujourd’hui. Mais reconnaissons aussi que nous avons encore du chemin à
faire pour correspondre parfaitement à l’image de Dieu imprimée en nous par l’Esprit Saint.
Nous devons réveiller la mémoire de notre baptême. Ne sommes-nous pas tous appelés à vivre
notre baptême tous les jours en rayonnant l’amour de Dieu, sa tendresse et sa bonté ! AMEN.