Dans le prolongement de Noël, voici cette fête de l’Épiphanie. L’Évangile nous parle de ces mages venus d’Orient. Ils se sont mis en route parce qu’ils ont découvert une étoile qui leur annonçait la naissance du roi des Juifs. Dans la mentalité orientale, cela n’avait rien de surprenant, car à cette époque l’astronomie n’était qu’à son balbutiement : les savants avaient cru constater qu’un nouvel astre apparaissait dans le ciel à la naissance d’un grand personnage. C’était bien connu dans le monde païen, mais aussi dans le monde juif. Ceux qui le pouvaient étaient invités à suivre la marche des étoiles dans le ciel.     

           Ce symbole de l’étoile, nous le retrouvons tout au long de la Bible. Depuis très longtemps, on y a lu la naissance du Messie. Quand le Messie naîtrait une étoile apparaîtrait, pensait-on. Pour les savants, pour ces mages, elle a été un guide qui les a conduits jusqu’à un enfant dans lequel ils ont reconnu celui que les Écritures annonçaient. C’est ainsi que Dieu donne à chacun et à chacune les moyens qui le conduiront jusqu’à la rencontre du Sauveur. Pour les mages, c’était une étoile dans le ciel. Pour nous aujourd’hui, c’est bien sûr la lumière qu’est le Christ qui éclaire nos vies, c’est son Évangile, c’est son Eucharistie, ce sont les grâces quotidiennes qu’il met à notre disposition.   

           Car, c’est vrai : aujourd’hui encore Dieu nous offre sa lumière non seulement par sa « Parole » et par son « Pain de vie », mais aussi par tous les signes concrets qu’il nous montre et qui sont comme cette étoile qui nous renvoie à Jésus : pour les uns, c’est le témoignage de vie de telle ou telle personne ; pour d’autres, c’est un pèlerinage ; pour d’autres, c’est la lecture d’un livre ou d’une revue chrétienne. Tous ces signes et bien d’autres sont vraiment signifiants que s’ils nous renvoient au Christ ; Ils sont comme la main qui nous montre la route à suivre.

           Cette fête de l’Épiphanie est bien celle du Christ qui se manifeste à ceux qui ne le connaissent pas. Ces mages venus d’Orient étaient des étrangers. Ils ne connaissaient pas le Dieu de la Révélation, car ils ne faisaient pas partie de son peuple. Ils vont le découvrir dans cet enfant, ils vont l’adorer. En écrivant son évangile, Matthieu s’adressait à des chrétiens d’origine juive qui avaient du mal à accepter que le salut soit offert à tous les hommes sans distinction. Ces mages nous annoncent que tous les peuples vont converger vers le Roi Sauveur. Dieu s’était engagé envers un peuple précis, mais ce n’était pas pour négliger les autres. Tous peuvent trouver leur place dans la caravane des mages.                 

           L’Épiphanie est donc la fête de tous les chercheurs de Dieu. Ils sont nombreux aujourd’hui tous ceux et celles qui se posent des questions sur le Christ. Certains sont pleins d’admiration pour le message de l’Évangile, mais ils n’arrivent pas à faire le pas qui les conduira jusqu’à la crèche. Leur recherche nous interpelle. Ce qui peut les bloquer, c’est de voir des chrétiens qui restent enfermés dans leurs idées et qui ne donnent pas le témoignage d’une foi vraiment vécue. Mettons-nous en route avec la certitude de la sagesse africaine : « Si tu veux aller vite, marche seul, mais si tu veux aller loin, marchons ensemble ».

           « L’Église, d’après St Irénée, est une caravane de frères ». La préparation du Synode sur la synodalité a retrouvé le sens de « l’Église-caravane » où chacun est respecté à sa place, accompagné dans sa recherche de Dieu et soutenu dans sa responsabilité. Les baptisés réclament de plus en plus de marcher en caravane et c’est leur droit ! Les mages qui ont perdu l’étoile à Jérusalem restent ensemble pour la retrouver sans se détacher de la caravane.

           Aujourd’hui les mages nous apprennent à avancer, à nous relever, à repartir dans une foi vécue comme une recherche commune dont nous avons fait l’expérience dans la préparation et maintenant dans l’application des orientations de notre synode diocésain. Noël-Épiphanie nous dit que l’enfant Jésus, le Christ, est la lumière qui éclaire notre vie. Marchons à sa suite en toute confiance, qu’il nous aide à faire de nous des chrétiens rayonnants de sa présence dans la nuit de notre monde. AMEN.