Veiller, être attentif, se tenir prêt : voilà l’attitude du chrétien ! Chaque événement que Dieu permet doit nous trouver disponible, prêt à lâcher ce que nous faisons pour accomplir la volonté de Dieu au moment où elle nous est manifestée. Quel esprit de foi cela demande, quelle générosité cela réclame ! Au lieu, face à l’imprévu, de nous plaindre, de récriminer, de laisser nos esprits être envahis par la hargne et la grogne, nous sommes invités à reconnaître dans ce qui, nous arrive tout à coup et inattendu dans notre vie, la volonté de Dieu.

            Dans un réflexe de foi, nous sommes invités à choisir ce qui advient dans notre vie : ne pas subir ! Cette attitude morale se fonde, vous l’aurez compris, sur un grand esprit de foi : rien de ce qui m’arrive n‘échappe à la toute puissance et à la bienveillance de Dieu. Saint Jean de la Croix écrivait à l’une des personnes qu’il accompagnait : « Les hommes se trompent parfois. Dieu jamais. Il nous aime ». Autrement dit, je puis toujours compter sur sa grâce pour affronter telle difficulté, pour assumer telle responsabilité, pour accueillir telle souffrance. Je suis sûr que le Seigneur permet cela pour me faire grandir, pour me faire avancer sur le chemin de la sainteté, pour me conformer un peu plus à son Fils, le Christ Jésus, mon sauveur et mon frère. C’est là le chemin de la paix véritable, la voie de la liberté authentique.

             La lettre aux Hébreux, notre deuxième lecture, nous présente tous les Justes de l’Ancien Testament, ceux qui se sont tenus prêts en veillant dans la foi. Ainsi notre père Abraham à qui Dieu s’est adressé : laissant tout, il a abandonné sa patrie et sa famille. Arrivé à un âge avancé, il avait atteint une période de sa vie où les changements brusques ne disent plus rien. Et pourtant, il a laissé une existence sans doute bien réglée et bien organisée sur une simple parole de Dieu : « Pars vers le pays que te montrerai. Marche en ma présence ». C’est cela la foi : marcher en présence de Dieu, pour atteindre la terre promise, la patrie céleste.     

               Et nous, nous avons reçu beaucoup plus qu’Abraham, que Sarah, Isaac ou Jacob. Nous sommes héritiers d’une longue histoire ; nous sommes surtout les témoins de l’accomplissement de la promesse faite jadis aux patriarches et aux prophètes. Dieu nous a déjà introduits dans son royaume et nous sommes héritiers de la vie éternelle depuis le jour de notre baptême ! En venant au monde, le Christ nous a appris notre vocation. Il nous a révélé notre dignité. Que demande-t-il en retour sinon une attitude de foi et d’espérance ?

             Tout son enseignement nous presse de rechercher l’essentiel. Notre joie, notre sécurité, c’est de savoir qu’il nous a donné le royaume. C’est là notre trésor. Ce royaume, nous en sommes les serviteurs et les gardiens. Nous comprenons mieux pourquoi le grand danger qui menace les chrétiens est l’assoupissement, la médiocrité, la perte du sens spirituel. Le monde meurt de ne pas connaître Jésus-Christ et les disciples dorment, parfois, d’un sommeil profond. Nous sommes de ceux qui ont beaucoup reçu. Le temps nous est accordé pour nous tenir éveillés dans la nuit du monde, priant et intercédant pour tous nos frères et sœurs ; pour aimer et témoigner, pour construire et transmettre ce que nous avons reçu. Nous sommes ici, ce dimanche, pour faire mémoire des merveilles du Seigneur.

             Au moment où nous nous apprêtons à commencer une nouvelle année d’activités, prenons la résolution d’être plus attentifs à la Parole de Dieu, plus prêts à répondre présents chaque fois que nous serons sollicités pour une aide ou un service, plus dévoués à la cause de l’Evangile. Que Notre Dame et tous les saints nous obtiennent la grâce d’une plus grande fidélité à toutes nos bonnes résolutions. AMEN.