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Frères et sœurs, chers amis,

Demain, 11 février, mémoire de ND de Lourdes, journée mondiale des malades, instituée par St Jean-Paul II. Portons, sans attendre, dans notre prière, nos frères et sœurs malades, sans oublier les professionnels et les bénévoles  qui se dévouent, dans le monde de la santé

Invoquons le Seigneur, riche en miséricorde, seul capable de guérir et de sauver l’homme en son entier, corps-âme-esprit, temporel et éternel.

Homélie :

Frères et sœurs, chers amis,

Pourquoi cet évangile est-il si intéressant ?

Parce qu’il sent bon la couleur locale et le temps d’hier avec le lac de Génésareth, avec ses pêcheurs, Simon, Jacques et Jean. La scène doit être importante puisque Jésus associera les mêmes disciples pour la résurrection de la petite fille de Jaïre, pour la transfiguration et la défiguration de l’agonie. Plus nous serons attentifs à la manière dont Jésus rejoint les apôtres, plus nous serons attentifs comment Jésus nous rejoint aujourd’hui, dans nos occupations quotidiennes, à travers des personnes, des événements, des paroles, des gestes, des sacrements, des inspirations, toujours au plus près de nos vies…

Parce qu’il sent bon l’Évangile du salut (Salus, la santé, en latin, le salut comme la santé de l’homme, corps/âme/esprit, individu et corps social/ecclésial). Le salut, c’est la santé, c’est la guérison, c’est la libération. Simon, rentrant bredouille de sa pêche nocturne, accepte l’ordre de Jésus : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche ». Le salut, c’est Dieu qui prend l’initiative. Mais, Simon se récrie : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ». Le salut, c’est la foi-réponse de Simon, même quand cela parait impossible. Il connaît son métier, Simon : « Mais, sur ta parole, je vais jeter les filets ». Le salut, c’est la foi-confiance en acte de Simon. Il avance au large, ou comme le disent d’autres traductions, il avance en eaux profondes, il avance sur les abîmes. La mer dans la bible est le lieu des puissances infernales. Simon se risque sur les paroles du maître. La mer est dangereuse. Le salut, c’est la libération-liberté retrouvée : « Ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer ». Car ces poissons, ce sont bien des poissons, mais c’est davantage encore des hommes sauvés, libérés. Puisque la mer déchainée est le symbole des puissances du mal, les poissons extraits de l’eau sont le signe de la libération du mal, de la noyade du mal. Le salut, c’est la surabondance des dons de Dieu. « Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient ». Le salut, ce n’est pas le salut d’un seul, mais le salut de tous, par le seul Jésus-Christ notre Seigneur, et la médiation de quelques-uns, les apôtres, l’Église envoyée dans le monde pour le salut du monde. « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde », comme nous le disons à chaque messe, après la liturgie de la Parole et avant la liturgie eucharistique.

Parce qu’il manifeste l’Église, avec son Maître qui enseigne : « Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules ». Et la 1e mission de l’Église est d’annoncer la Parole, la 1e mission des chrétiens, des ministres. C’est la dimension prophétique.

Parce qu’il manifeste la vocation-mission de toute l’Église : une vocation de disciples : « Venez à ma suite », une vocation de missionnaires : « Et je vous ferai pêcheurs d’hommes », une vocation-mission de disciples-missionnaires.

Parce qu’il met en valeur le ministère de Pierre et des apôtres au service de la foule, dans la proximité avec le Maître de la pêche. Par 6 fois, dans ce texte, il est question de Pierre avec sa barque. Les nefs de nos églises (navis, en latin, bateau) nous renvoient à la barque-Église. La charpente de nos nefs nous fait penser souvent à des coques de bateaux renversés. Quelle est belle cette image de Pierre allant au large du lac de Génésareth sur l’ordre du Maître. S’agissait-il d’un beau bateau flambant neuf ou d’un bateau rapiécé avec le temps, image plus réaliste de notre Église, une Église marquée par les stigmates du temps, mais une Église qui ne doit son salut qu’à son véritable capitaine, le Christ-Seigneur qui du rivage du ciel tient en Maître de la création et de la nouvelle création inaugurée par sa Pâques le cap de la vie du monde, de la vie éternelle. Mieux vaut être embraqués ! Pierre et les apôtres, mais Pierre comme leur chef, représentent sacramentellement le Christ, capitaine de son Église. Derrière Pierre, c’est Jésus qui tient la barre, Pierre qui obéit : « Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules ». Pierre qui écoute. Aujourd’hui, Pierre écoute et enseigne quand il sillonne le monde avec les JMJ, avec ses voyages…Il témoigne d’une Église renouvelée à la manière du Concile Vatican II, une Église-Mystère du Christ, lumière des nations, une Église au service du monde, une Église qui s’engage dans la grande cause de l’œcuménisme, une Église du dialogue des cultures et des religions, comme le pape François vient de le faire en péninsule arabique. Pierre qui se reconnaît pêcheur et qui confesse le Christ Seigneur : « Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ». Pierre qui est envoyé : « « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras ».

Frères et sœurs, chers amis,

3 manières d’être pêcheur dans cet Évangile :

Pêcheurs, un métier, et nous avons tous un métier, et nous devons affectionner comme disait St Saint-Exupéry notre « métier d’hommes ». C’est là que Dieu nous rejoint et nous envoie.

Pécheurs, un état de celui qui brise l’Alliance avec son Dieu, par ses manquements, ses infidélités à l’Alliance, ses péchés. C’est là, sur nos fractures personnelles et sociétales que Dieu nous attend, en vue de nous envoyer

Pêcheurs d’hommes, une mission de chacun et de toute l’Église. Et si nous gardions en nous cette image de Pierre qui ramène, dans ses filets près à se déchirer, une multitude de poissons. Dans ce geste, c’est toute la mission du Christ et  de l’Église à travers les siècles. C’est notre mission personnelle, c’est notre mission paroissiale. Elle nous dépasse. Elle nous est confiée. C’est Jésus qui poursuit son œuvre de salut, de guérison, d’enseignement, de célébration de la gloire de son Père. Et si nous gardions en mémoire cette parole : « « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche ». Impossible de désespérer ! AMEN

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