Les lectures de ce 23ème dimanche du temps ordinaire pourraient se résumer en deux mots : « Ouvre-toi ». Et tout d’abord ouvre-toi à l’espérance. Parfois, nous avons l’impression que le mal l’emporte toujours, que l’homme est un éternel condamné à la souffrance et que demain sera pire qu’aujourd’hui. Or, voilà qu’en ce jour, nous avons la réponse d’Isaïe dans la première lecture : « Prenez courage, ne craignez pas, voici votre Dieu ; c’est la vengeance qui vient, la revanche de votre Dieu et il va vous sauver. »

             Nous ne devons pas nous tromper sur le sens de ces paroles. Nous avons tendance à penser à la vengeance contre ceux qui vous ont fait du mal et nous disons que c’est « un plat qui se mange froid ». Ici, ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Le prophète ne parle pas de la vengeance contre des hommes, mais contre le mal. Il annonce la victoire de Dieu contre le mal, la haine, la violence, le mensonge. C’est un encouragement pour ceux et celles qui ont vécu dans la peur. La revanche de Dieu, c’est de supprimer le mal, c’est de faire en sorte que les aveugles voient et que les sourds entendent. La bonne nouvelle, c’est cet amour infini de Dieu pour tous les hommes. C’est à cette espérance que nous devons nous ouvrir. .      

             La lettre de saint Jacques (2ème lecture) nous apporte un éclairage nouveau sur cette bonne nouvelle : elle nous invite à réagir contre certaines attitudes contraires à l’Évangile. Nous parlons d’égalité et de fraternité, mais nous nous laissons aveugler par tout ce qui brille. Pendant ce temps, les pauvres sont bien laissés de côté. L’apôtre nous rappelle que nous ne devons pas faire de « différence entre nous ». Ce n’est pas l’argent ni la pauvreté qui font la valeur d’une personne, mais la foi. La foi, c’est l’accueil de Dieu dans toute notre vie. Si nous voulons être en communion avec lui, il nous faut être ouverts et accueillants pour tous, même s’ils sont différents. Cette mise au point de saint Jacques s’adresse aussi à nous aujourd’hui. Il s’agit d’avoir le regard même de Dieu sur tous ceux et celles qui nous entourent. « Dieu, nous dit saint Jacques, a choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour en faire des riches dans la foi ! » 

             Dans l’Évangile, nous trouvons Jésus en plein territoire païen. Il n’hésite pas à sortir des frontières d’Israël. C’est une manière de dire que la bonne nouvelle n’est pas réservée à quelques uns, mais au monde entier. Le voilà donc au milieu de tous ces gens qui n’ont pas d’oreille pour entendre la Parole de Dieu ni de bouche pour proclamer sa louange. Et un sourd muet lui est amené. Jésus se met tout de suite au travail : imposer les mains ne suffit pas, le mal est trop grand : il faut aller à l’écart, mettre les doigts dans les oreilles, toucher la langue, lever les yeux au ciel, soupirer et prier. Le mal est très fort. Jésus se bat contre lui, ce n’est pas sans peine, mais il finit par gagner : les oreilles s’ouvrent, la langue se délie. A travers cet homme, Dieu donne aux païens une oreille pour entendre la Parole de Dieu et une bouche pour proclamer sa louange.

             « Ouvre-toi ! » C’est aussi à chacune et à chacun d’entre nous que le Christ s’adresse.   Nous savons bien qu’il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas se laisser toucher par les  appels de Dieu et de ses frères. Ne sommes-nous pas sourds au cri de la terre qui s’échauffe et transpire, des espèces animales et végétales qui disparaissent, sourds au cri de ceux qui peinent dans leur travail, sourds au cri de ceux qui risquent leur vie pour fuir des situations dangereuses ou sans   a-venir. « Ouvre-toi » nous dit le Seigneur.

             Ne reste pas enfermé sur tes soucis personnels ni sur tes relations habituelles, ni sur ton milieu social. Ouvre ton cœur aux nouvelles orientations votées par l’assemblée synodale ; ouvrons des chemins de joie, dit notre Évêque, pour une Église diocésaine joyeuse de vivre de     la grâce de Dieu et de créer du lien, une Église diocésaine qui appelle, qui forme et qui envoie pour aller au pays de l’autre. Avec ces six repères : Prière, Mission, Bienveillance, Sobriété, Accompagner, Sortir. Si nous nous laissions convertir par Dieu, par sa Parole qui nous invite à avoir confiance, à ne pas avoir peur, à oser… AMEN.