L’apôtre Paul écrivait aux croyants de Rome : « Frères, tout ce qui a été écrit à l’avance l’a été pour nous instruire afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. » Ce besoin d’espérance n’est-il pas notre désir le plus vif en ce temps de l’Avent, dans nos existences ballotées par tant de vents contraires.

           Dans l’évangile selon saint Matthieu : « En ces jours-là… », La Parole de Dieu vient à nous, au cœur de notre histoire d’hommes et de femmes, dans l’aujourd’hui de nos vies. Et ce « en ces jours-là » résonne à nos oreilles comme une lettre que Dieu nous adresse ce matin, pour guider notre marche à la rencontre du Seigneur et de nos frères et sœurs en ce 4 décembre 2022. Nous sommes bien les destinataires de ce message.

           « … paraît Jean le Baptiste ». Jean le Baptiste est bien l’envoyé de Dieu, celui qui précède, qui interpelle pour activer en nous une disponibilité à l’écoute. Certes, cet homme paraît bien étrange dans sa radicalité de vie. Dieu ne cesse pas aujourd’hui de nous envoyer des témoins qui nous accompagnent sur ce chemin de l’Avent et nous déstabilisent parfois. Qui, cette semaine a été pour moi, pour nous, cette interpellation, ce rappel vivant d’un Dieu qui nous visite à chaque instant de notre existence, ce rappel de sa proximité ? Allons-nous encore nous laisser déranger dans nos habitudes, dans nos certitudes bien ancrées dans le passé ?    

            « … Jean- Baptiste proclame dans le désert… » Ce désert est souvent mentionné dans la Bible. Il s’agit de ce lieu aride, par excellence de la rencontre avec Dieu. C’est le lieu des retrouvailles de Dieu avec son peuple, le lieu des fiançailles. C’est l’espace choisi par Dieu pour nous retrouver en vérité et liberté. N’y aurait-il pas alors à choisir ces prochains jours un temps et un lieu favorables pour nous préparer à l’accueil de Dieu en son fils Jésus. C’est bien de songer à la préparation de la crèche. C’est bien aussi de préparer son cœur à l’irruption de Dieu dans mon histoire personnelle, familiale, ecclésiale. Entendrons-nous son appel ?

            « … Convertissez-vous… » L’être humain tel que Dieu l’a voulu et le veut n’est pas le prédateur, ni le consommateur, ni le pollueur, ni l’orgueilleux qui veut tout ramener à lui : il est celui ou celle qui sait regarder, écouter, choisir ce qui peut servir la paix et la fraternité entre tous les êtres humains et tous les vivants, et qui s’y engage de bon cœur, joyeusement, plein d’espérance. Alors pourquoi entendre Jean le Baptiste et ses paroles si fortes, mais qui sonnent à nos oreilles peut-être de manière désagréable ? Jean le Baptiste se représente comme il veut et comme il peut, le Messie : celui que Dieu envoie et qui vient empli de l’Esprit de Dieu. Nous, nous connaissons celui qui est venu. Il n’est pas venu avec une hache à la main, ni un feu pour détruire, ni une pelle à vanner pour trier.

            Il est venu comme un petit enfant couché dans une mangeoire et d’abord comme un enfant qui se forme dans le sein de sa mère. Il est venu comme un petit des hommes qui a besoin de l’aide et du respect et de l’attention de beaucoup pour pouvoir grandir pleinement. En grandissant, il a certes, apporté un feu, non pas du châtiment ; il a apporté le feu de son Esprit-Saint qui vient transfigurer nos capacités humaines. Il est venu pour que ses paroles puissent doucement habiter le cœur de chacun et y faire grandir la foi, l’espérance et la charité. Jean le Baptiste est le dernier des prophètes et sans doute le plus grand, mais ce qu’il annonce ne vient pas exactement comme il le décrivait parce que le Dieu vivant tient, lui, ses promesses. Il vient lui-même jusqu’à nous pour conduire tous les vivants à la vie et à l’amour en plénitude.

            Cependant Jean le Baptiste nous est nécessaire, il dénonce la tentation de la fausse conversion. Jésus nous assure que les faiblesses et les fautes que nous ne savons pas maîtrisées, ne sont pas le plus décisif en nous. Il vient, lui, se mettre tout entier dans la balance et il nous donne son Esprit de sainteté pour que nous ne nous laissions jamais décourager dans notre marche vers lui.   Depuis notre baptême, l’Esprit Saint nous a été donné en nous par la croix du Christ et sa résurrection. Frères et sœurs, que la Vierge Marie dont nous fêterons l’Immaculée Conception, jeudi prochain, nous soutienne dans ce chemin de l’espérance et de la persévérance. AMEN.