Qu’est-ce que la vocation ? Pourquoi un tel pèlerinage à Saint-Laurent-sur-Sèvre ? Comment Dieu appelle-t-il chacun de nous ? Nous avons posé ces questions au Père David Dugué, aumônier diocésain du service des vocations. 

En prenant son bâton de pèlerin, l’homme reconnaît que par sa naissance il est appelé au dialogue avec Dieu. Le pèlerinage manifeste que pour l’homme le Créateur n’est pas une puissance anonyme et éloignée : il est le Père, et nous sommes tous ses fils, frères dans le Christ Seigneur. Nous avons rencontré le père David Dugué, responsable diocésain du service des vocations.

Quand on parle de vocation on pense souvent vocation religieuse, ce qui est réducteur. Mais qu’est-ce que la vocation et pourquoi un tel pèlerinage ?

La vocation naturelle de l’homme est le mariage et la paternité. Mais au cœur de cette vocation naturelle, Dieu nous appelle à une vocation surnaturelle. Il existe trois grands types de vocations. Dans leur fidélité, liés par le sacrement de mariage, les époux honorent la dimension créatrice de Dieu. On peut parler de la vocation à la création. Le prêtre, lui, communique le salut donné par le Christ. Il s’agit alors de la rédemption. Et enfin, dans la vie religieuse comme dans celle du célibat consacré, on annonce ce à quoi tout homme est appelé. Là réside la dimension eschatologique du Salut.

On comprend alors combien les trois types de vocations ont une dimension surnaturelle. Tout être humain créé doit écouter cette dimension qui le dépasse quel que soit son appel. Nous réalisons ainsi qu’il existe un combat spirituel pour répondre à la dimension surnaturelle de sa vocation. La prière est ô combien nécessaire et le pèlerinage des vocations a pour mission de la porter haut et fort !

Saint Louis-Marie Grignion-de-Monfort est enterré à Saint-Laurent-sur-Sèvres, lieu de pèlerinage. En quoi sa spiritualité influence-t-elle cette initiative ?

Nous sommes touchés par la dimension missionnaire de Louis-Marie Grignion-de-Montfort, sa capacité d’accueil, sa simplicité à réceptionner le « ici et le maintenant”.  Au cours de sa vie, il a toujours cherché à évangéliser le lieu où il était. Il avait une vraie conscience de l’urgence d’annoncer le Christ partout et notamment sur nos terres qu’il a arpentées, la Vendée, la Mayenne ou l’Ille-et-Vilaine

Puisque chacun a une vocation qui lui est propre, comment discerner ce à quoi Dieu appelle chacun de nous ?

Le discernement est un compagnonnage. Face à nos choix de vie, nous sommes accompagnés en premier lieu par un accompagnateur – et pas des moindres – à savoir l’Esprit saint. Demandons lui ses dons d’intelligence, de conseil. Prenons le temps de prier et de dire “ Seigneur, que veux-tu que je fasse”. Nous pouvons également relire les événements de notre vie avec son accompagnateur spirituel. En effet Dieu ne nous sauve pas seul mais ensemble pour le bien de toute l’Eglise. Nous avons besoin de nos pairs dans la foi. En dernier lieu, nous devons soumettre notre discernement à la lumière de l’Église : maîtres des novices, prêtre, évêques sont là pour nous aider à y voir plus clair.

Propos recueillis par Valérie FOURTANÉ

 

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