La liturgie du 22ème dimanche ordinaire, abandonnant le chapitre 6ème de saint Jean, revient à saint Marc chapitre 7ème. Les chefs religieux reprochent aux disciples de Jésus de « prendre leurs repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. » Dans le contexte sanitaire actuel, nous savons que ce geste est indispensable. En raison de la pandémie, il faut absolument tout faire pour se protéger et protéger les autres contre la maladie. Mais dans l’Évangile de ce jour, ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Pour les scribes et les pharisiens, c’était   un geste religieux qui était transmis par la tradition des anciens.

          Jésus ne leur demande pas d’abandonner ces pratiques, mais il ne veut pas que celles-ci  les détournent de l’essentiel. Il leur rappelle que ce qui rend impur, c’est ce qui sort du cœur   de l’homme. Pour Jésus, la lutte contre l’impureté est avant tout une lutte intérieure ; c’est    au-dedans de nous, au plus profond de notre cœur, de notre esprit, de notre conscience, qu’il faut combattre les gestes impurs de l’égoïsme, de l’orgueil, de la violence et du mensonge.

          Jésus leur reproche d’oublier le Livre du Deutéronome, en particulier ce passage que  nous venons d’entendre dans la première lecture. Nous y découvrons des paroles qui sont celles dun Dieu libérateur. Elles sont adressées à un peuple qui était esclave en Égypte et que Dieu a libéré sous la conduite de Moïse. Et aujourd’hui, nous découvrons que Dieu veut leur faire franchir une nouvelle étape : en lui donnant sa loi. Il lui offre un passeport pour la liberté.

          En effet, seuls les peuples libres ont une loi. Les autres sont soumis à l’arbitraire et à la violence ; cela se voit  tous les jours. Nous vivons dans un monde qui souffre à cause de ces violences et de ces injustices. Mais l’auteur du livre du Deutéronome veut nous dire que Dieu    n’a jamais cessé de nous aimer.  La loi qu’il donne à son peuple se résume en deux volets :  aimer Dieu et aimer tous nos frères. 

          Le premier volet regarde Dieu ; « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu ». Ce commandement est une réponse au Dieu créateur qui fait sans cesse le premier pas vers nous. Il est passionné d’amour pour le monde. En dehors de lui, il n’y a pas de bonheur possible. C’est sur lui que nous sommes invités à construire notre vie. Il ne suffit pas d’accomplir des gestes religieux. L’alliance entre Dieu et les hommes est une histoire d’amour passionné.   

          Le deuxième volet concerne l’amour du prochain. Il s’agit d’éviter tout ce qui peut faire du mal aux autres. Plus tard, Jésus nous révèlera que Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants. Son amour est pour tous sans exception. Si nous faisons du mal à quelqu’un, c‘est contre Dieu que nous péchons. Dans ce monde de violence et d’indifférence, notre mission est d’y vivre autrement et d’y porter l’amour.

          La religion pure et sans tache, comme l’écrit saint Jacques, n’est pas celle des croyants purs et durs, mais celle de ceux qui ont un cœur de tendresse prêt à œuvrer en faveur de la vie et du respect de toute personne. La parole de Dieu, lue et relue, méditée, priée, peut purifier notre cœur, en laissant le regard de pardon de Jésus le purifier et ainsi faire grandir notre âme. Alors, comme saint Pierre, qui a pleuré amèrement sa lâcheté, Jésus peut faire de chacun de nous un homme, une femme au cœur doux et pacifié, tourné résolument vers Lui et vers nos frères et sœurs. Le Seigneur est toujours là pour nous apprendre à mettre de plus en plus d’amour dans  notre vie.

          En cette Eucharistie demandons au Seigneur, par l’intercession de la sainte Vierge Marie, de nous donner un cœur pur, libre de toute hypocrisie. Jésus n’est pas contre les doctrines et les traditions, mais il nous dit qu’elles ne valent que si elles mènent vraiment à la conversion du cœur et à l’amour de Dieu et du prochain. AMEN.