L’Evangile de ce 22ème dimanche du temps ordinaire nous présente Jésus, invité à dîner chez un chef des pharisiens. Il observe, comme il nous arrive parfois de le faire dans un rassemblement de fête, et il remarque que les invités se poussent en avant, cherchant à être le plus près possible de ceux qu’ils jugent importants. Alors Jésus raconte une parabole qui se termine par ces mots : « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé. »

                 Avec Jésus, dans le Royaume de Dieu. Ce qui prime par-dessus tout, ce n’est pas ton succès social, ton argent, c’est autre chose qui a un nom : l’humilité. L’attitude d’humilité exprime une vérité essentielle dans nos relations avec Dieu : « Ne va pas te mettre à la première place, au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. » En d’autres termes : « Ne faites pas les prétentieux, restez humbles devant Dieu, car pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut se faire petit. On ne se sauve pas soi-même, c’est Dieu qui nous sauve par sa mort et sa résurrection ». Comme le chante la Vierge Marie dans son magnificat : « Dieu renverse les puissants, il élève les humbles ».

                 Cela me fait penser à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : une petite carmélite morte à 24 ans, devenue sainte. Elle ne se sentait pas capable de faire de grandes choses. Elle a découvert que c’est dans la petitesse que se manifeste la puissance de Dieu. Elle s’est abandonnée avec confiance et Dieu l’a élevée, l’a bénie, l’a prise près de Lui. Elle avait compris le message de Jésus : ne pas faire les prétentieux, se reconnaître petit, être comme un enfant, accepter d’avoir besoin de Dieu pour conduire notre vie.

                 L’évangile ajoute une autre remarque de Jésus à son invité. C’est à nous tous que cela peut s’appliquer aujourd’hui. « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, si tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, sinon eux aussi t’inviteraient en retour et la politesse te serait rendue. Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles, et tu seras heureux pare qu’ils n’ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes ». En d’autres termes : « Si vous n’aimez que vos amis, qu’est-ce qui vous différencie des païens ? Eux aussi le font ».

                 Par ces remarques, Jésus indique à ses disciples une voie et un chemin de service. C’est le service aux frères et sœurs qui devient le seul et unique critère de grandeur dans le Royaume de Dieu. Le service dont il est question ici, c’est l’accueil, le partage, le don, la générosité, c’est le regard bienveillant et la main secourable. Vous avez déjà remarqué combien on apprécie une visite et un coup de téléphone nous fait parfois tellement de bien. Le pape François ne cesse de nous inviter à aller vers les périphéries, vers les gens dans le besoin !

                 Retenons que chacun et chacune d’entre nous peut, comme le pape François, aller avec humilité vers les autres et comme sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, offrir sa petitesse, ses efforts humbles, mais réels ; pour qu’ils soient transformés par la puissance de Dieu. Cette eucharistie que nous célébrons est un repas où, tous et toutes, sans faire de distinction, nous nous faisons petits pour accueillir le Seigneur Jésus qui, Lui, nous considère chacun et chacune, comme ses enfants bien-aimés. AMEN.