Ce 30ème dimanche du temps ordinaire clôture la semaine missionnaire mondiale qui avait pour thème : « Il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu », l’Eglise nous présente l’aveugle Bartimée dans l’évangile selon saint Marc. Ne sommes-nous pas tous ce Bartimée assis au bord du chemin ! Dans son aventure, nous pouvons relire notre propre aventure, notre propre histoire, notre propre vie. Ne sommes-nous pas comme lui des gens qui avons besoin dêtre guéris, illuminés par Jésus pour pouvoir marcher à sa suite et risquer notre vie pour lui ?   

                      Sur quantité de choses, nous n’y voyons pas clairs. Nous sommes « dépassés » par les événements, et souvent mal ou insuffisamment informés sur la pandémie, les catastrophes naturelles, la violence, le chômage, le fléau de la pédophilie, le changement climatique. Aveugles, oui, car en voyant tout ce qui va mal, nous ne discernons plus la présence lumineuse du Christ enfoui, caché en ce monde…

                      Comme Bartimée, nous pouvons cependant entendre et c’est le début de notre guérison. Bartimée a entendu passer un groupe de personnes et certainement on lui avait parlé de ce Jésus de Nazareth. Sommes-nous attentifs à l’écoute des bruits de notre monde ? Oui, sans doute, mais un peu comme cette foule auprès de Bartimée qui veut le faire taire, nous avons la tentation de faire la sourde oreille, car nous nous sentons si souvent « désarmés » devant les blessures, les injustices de notre temps.

                      Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, nous dit saint Marc, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! ». Bartimée ne voit pas Jésus avec les yeux de son   corps, mais avec les yeux de la foi. N’est-il pas vrai qu’on ne voit bien qu’avec le cœur ! ». Jésus     ne reste pas insensible devant une telle foi. Il le fait appeler. Et voilà que les gens qui empêchent Bartimée de crier, se mettent à lui transmettre l’appel à rejoindre Jésus : « Confiance, il t’ap- pelle ». Bartimée bondit, jette son manteau, et pourtant c’était sans doute son bien le plus précieux,    la seule chose qu’il possédait sur terre. Jésus, juste une question : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Et c’est le cri du cœur « Rabbouni, que je voie ». Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. »

                      Bartimée se mit à voir, une très grande étincelle de lumière envahit ses yeux. Et les yeux grands ouverts, suivit Jésus sur la route. Sa vie est changée, transformée, il voit le soleil, les personnes, la nature, mais surtout, il apprend à regarder comme Jésus. Il a compris qu’on ne voit bien qu’avec le cœur. Il devra apprendre, lui aussi, à transmettre à d’autres ce qu’il a reçu.

                      Nous connaissons, tous et toutes, des personnes qui, comme Bartimée, nous disent leur angoisse et nous crient leur détresse. Savons-nous entendre leurs cris, nous arrêter un instant, nous tourner vers eux, les regarder et leur parler ? Des Bartimée, des exclus, il y en a partout, il nous suffit d’ouvrir nos yeux. Mais nos yeux sont-ils envahis d’une étincelle de lumière pour les aider à se lever et à revivre ? N’avons-nous parfois oublié « qu’on ne voit bien qu’avec le cœur ?» Bartimée, c’est aussi un peu chacune et chacun de nous, parfois plongé dans la nuit, mais habité par la confiance, par l’espérance. Il suffit qu’un ami passe et nous tende la main au détour du chemin, il suffit que Dieu s’invite ainsi en notre cœur pour que nos yeux s’ouvrent et se remplissent à nouveau de lumière. Notre Eglise, donc tous les baptisés avec la force de l’Esprit Saint, ne doit pas étouffer le cri des personnes qui sont au bord de la route, elle doit leur transmettre l’appel à vivre de la foi en suivant Jésus qui ne cesse de les appeler. AMEN.