Les lectures de ce 16ème dimanche commencent par une terrible accusation contre les responsables politiques d’Israël. Leur mission était de rassembler le peuple dans la paix et l’unité. Mais c’est le contraire qui arrive. Ils n’ont cherché que leurs intérêts personnels au détriment des plus pauvres. C’est à cause d’eux que le peuple est dispersé.

Mais le prophète annonce une bonne nouvelle. Dieu n’abandonne pas ses enfants trompés par ces hommes sans conscience. Comme au temps de Moïse, il a vu la misère de son peuple. Il annonce qu’il rassemblera Lui-même ses  brebis dispersées. Il laisse entrevoir la venue d’un Pasteur unique,  le Fils de David : ce sera le Christ. Avec Lui, la bonne nouvelle sera annoncées aux pauvres, aux exclus, aux prisonniers, aux malades… C’est Lui qui refera l’unité du peuple de Dieu.

 

A travers ce texte biblique, le prophète nous adresse un message de la plus haute importance. La principale priorité de notre Dieu n’est pas que nous lui organisions de magnifiques cérémonies. Ce qu’il veut, c’est d’abord le bonheur de son peuple, c’est le droit et la justice pour tous. Il attend de nous que nous vivions ensemble comme des frères, solidaires les uns des autres. Il est impossible de parler de Dieu en oubliant les autres. Plus tard, Jésus dira à ses disciples que c’est à notre amour que nous serons reconnus comme disciples. Saint Paul nous le dira à sa manière : « Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. » Le grand  désir de Dieu, c’est que chacun soit respecté et vive pleinement en paix.

Dans sa lettre aux Ephésiens, Saint Paul nous apporte un éclairage nouveau sur le Christ et sa mission. Il se présente à tous comme le grand rassembleur. Par son sacrifice, il réalise l’unité du genre humain brisée par le péché. Il a abattu « le mur de la haine » que certains hommes avaient élevé pour défendre leurs privilèges. Dieu qui aime tous les hommes veut que nous arrivions à nous rassembler et à aimer. L’unité finale sera le fruit d’un tel amour. Dès maintenant, nous sommes invités à nous tourner vers la croix du Christ. Elle unit le ciel et la terre, elle attire tous les hommes à Lui.

 

Dans l’évangile selon saint Marc, nous voyons Jésus qui vient d’associer ses apôtres à sa mission de pasteur. Il les a envoyés prêcher, chasser les démons, soulager les malades. Quand ils reviennent, ils lui rapportent tout ce qu’ils ont fait et enseigné. Jésus les entend. Il les invite à venir à l’écart pour un temps de repos. C’est dans le silence et la prière que Lui-même se repose. Et de nos jours, nous voyons de plus en plus de gens qui cherchent cette forme de repos dans les monastères ; savons-nous profiter des vacances pour prendre le temps de nous arrêter pour contempler et apprécier tout ce qui nous est donné ?…

                        Mais vous l’avez entendu, c’est une immense foule qui cherche à voir Jésus, à le toucher et à l’entendre. Le Christ voit ces foules, celles de son temps et celles d’aujourd’hui.  Il est saisi de pitié, car elles sont comme des brebis sans berger. Alors, il prend Lui-même le relai et se met à les enseigner longuement. Contrairement aux mauvais bergers décrits par le prophète Jérérmie, Jésus se dépense corps et âme ; Lui-même nous dit qu’il est venu pour « chercher et sauver ceux  qui étaient perdus ». Cet évangile est d’une actualité brûlante, nous vivons dans un monde blessé par les guerres, les violences, le désespoir. Beaucoup ont perdu leurs repères. Mais le Seigneur est là. Avec Lui, il n’y a pas de situation désespérée. Il veut nous aider à retrouver un sens à notre vie. Il ne veut pas que nous soyons perdus, sans savoir où nous allons. Il vient nous apporter la lumière de sa présence, la chaleur de son amour. Nous sommes envoyés pour être porteurs de joie et d’espérance auprès de tous les blessés de ce monde. Seigneur, nous te prions : que cette Eucharistie nous aide à changer notre regard sur toi, sur le monde et sur nous-mêmes. AMEN