A plusieurs reprises, dans les évangiles, nous voyons Jésus refuser le titre de roi. Cela même à des moments où il aurait pu le révéler, suite à un miracle, par exemple. Mais c’est au moment où il ressemble le moins à un roi qu’il affirme sa royauté. C’est le moment où la fragilité humaine est mise en lumière qu’il dit : « Ma royauté ne vient pas de ce monde. »

            Il avait déjà manifesté sa royauté par ce geste étonnant du lavement des pieds, en se mettant au service de ses disciples. Et ici, il se met au service de toute l’humanité. Il révèle dans les deux cas, que sa seule ambition est celle du don de soi, du service. Il révèle que sa royauté ne vient pas de ce monde parce qu’aucun roi n’est capable de donner la vie.

            Voir la mise en lumière de la royauté du Christ au moment même où il traverse la passion doit être pour nous, un signe d’espérance. Et pourquoi ? Parce que Jésus nous montre que sa royauté n’est pas une réalité qui le sépare de nous, bien au contraire. Il est roi parce qu’il s’est fait serviteur. Il est roi parce qu’il donne la vie. Il est roi parce qu’il partage notre souffrance et nos fragilités, parce qu’il s’est fait proche. Il nous révèle que son amour pour nous est concret et nous fait entrer dans la plénitude de vie, dans la grâce de la résurrection. Et nous sommes appelés à le suivre, à nous mettre au service, à donner notre vie, à exercer cette royauté que nous recevons de Jésus

             Nous sommes à la fin d’une année liturgique. Et si nous prenions le temps pour écouter la voix du Seigneur, pour contempler ce que nous avons vécu de beau, même si, bien souvent, nous avons été confrontés à telles ou telles épreuves ? Si nous décidions de contempler ce roi pour voir en nous ce qui a grandi : notre croissance humaine, spirituelle et ecclésiale ? Comment nous avons grandi dans notre relation à Dieu, à nous-mêmes, à l’Église et aux autres, surtout avec les plus fragiles ? Comment avons-nous exercé notre royauté ? Est-ce que je suis mis au service envers Dieu, envers les autres et envers l’Église ?      

             C’est un Christ qui partage notre fragilité qui nous est présenté pour que nous puissions le contempler. Mais pas pour nous dire ce que nous n’avons pas fait, mais pour nous inviter à entrer dans cette démarche de vérité et d’espérance. Le contempler pour que nous puissions reprendre des forces en écoutant sa voix qui nous appelle dans ce monde inquiet à être artisans de sa  royauté du don de soi et de son amour qui donne la vie ! AMEN.