Une fois de plus, la belle histoire des mages vient nourrir notre imagination ; et nous rêvons peut-être, en ces temps difficiles, de voyage, de désert, de pèlerinage, de partir avec pour boussole, l’étoile !

Le récit rapporté dans l’évangile que nous venons d’accueillir est un mystérieux et fascinant pèlerinage. Il a suscité de l’intérêt et des questions au long des siècles.
Qui étaient-ils ces chercheurs de Dieu ? D’où venaient-ils ? Comment avaient-ils compris le sens de leur démarche ? Comment un astre pouvait-il les mettre en route comme ça ?

En fait, nous pouvons nous poser mille questions à leur sujet sans jamais être certains d’obtenir toutes les réponses. Pourtant l’évangile nous livre un message toujours actuel. Les mages ne sont-ils pas la figure de notre propre marche vers le Christ ?  À Noël, nous étions ces bergers de Bethléem attirés par la lumière du nouveau-né. Aujourd’hui nous sommes ces mages venus de loin, guidés par une étoile, et nous pouvons être aidés sur notre route par ceux qui nous ont précédés dans la foi.

L’étoile, c’est l’appel de Dieu qui nous rejoint mystérieusement ; c’est l’Esprit-Saint qui oriente notre marche vers le divin. Cette étoile, c’est peut-être un compagnon de route, un témoin de la foi, une lecture qui nous inspire, une lumière intérieure qui nous guide.

L’arrivée des mages à Jérusalem représente une étape importante : c’est le lieu où ils se renseignent à propos de la naissance du roi des juifs. Ainsi les Écritures et les paroles prophétiques sont porteuses de lumière et d’informations nécessaires : les mages font l’expérience d’accepter, avec humilité, d’être aidés sur la route.

Dans notre vie aussi, nous avons besoin d’être aidés, éclairés car le chemin de l’espérance n’est facile à trouver seul. Dieu nous envoie souvent vers les autres ; il nous invite aussi à prendre conseil auprès de personnes emplies de sagesse et de bons sens.

Nous voyons d’ailleurs que la question des mages a de l’effet à Jérusalem. Tout le monde s’inquiète. C’était bien normal.

Et la question arrive jusqu’aux oreilles d’Hérode. Nous savons que le Roi Hérode est soupçonneux et jaloux, et d’autres ne le sont pas ! Certains d’entre eux ont peut-être suivi les mages, fascinés par ces témoins d’une quête qui les interpellait eux aussi ?

L’étoile qui se pose sur la maison, la bergerie où est l’enfant, montre que Dieu n’abandonne pas celui ou celle qui cherche. Une grande joie nous attend. La joie d’être auprès de l’enfant et de sa mère.

Nous retrouvons ici l’image de l’Église dans cette étable où les mages et tous les pèlerins voient la sainte Famille, et deviennent ainsi plus forts dans leur foi.

Heureux d’être là avec eux, nous pouvons, comme les mages, nous prosterner et offrir nous aussi l’or, l’encens et la myrrhe.
L’or de tout ce qui a pour nous de la valeur : nos familles, nos relations fraternelles et solidaires, et aussi nos activités, nos compétences, nos engagements. Nous avons du prix aux yeux de Dieu et nous offrons ce symbole de l’or pour contempler, prier le Christ Jésus, roi de l’univers.
Nous offrons l’encens de nos prières qui sont louanges et cris vers Dieu. Lui, le sauveur du monde, le Christ Pasteur et grand-prêtre ne peut qu’intercéder pour nous auprès de son Père.
Enfin, nous offrons la myrrhe de nos peines, de nos deuils, de nos souffrances, de nos difficultés. Ce parfum utilisé pour l’embaumement des morts est aussi notre offrande auprès de Jésus, le Fils bien-aimé du Père empli de miséricorde, de bonté et de compassion.

Combien de temps les mages sont-ils restés là auprès de l’enfant et de sa mère ?  Peut-être pas longtemps, juste le temps d’une messe, d’une prière, d’un peu de silence, d’un moment de paix pour que l’être intérieur soit comblé de lumière. Puis, il a fallu repartir, et faire le voyage dans l’autre sens ; mais partir autrement, prendre la route de la lumière et de l’espérance, et surtout pas celle qui conduit à tous les ‘Hérode’ du monde, notre perte.

Nous aussi, nous avons à suivre un autre parcours pour rejoindre nos terres, nos lieux de vie et nos proches. Plus rien ne peut être comme avant !
L’Enfant Dieu nous a touché le cœur : il nous a comblés de paix, de joie, de confiance. Notre cœur n’est-il pas tout brûlant depuis que nous l’avons vu et que nous avons passé du temps avec lui, près de lui ?

La Lumière du Fils de Dieu brille toujours grâce à tous les disciples du Christ Jésus. Ce dimanche de l’Épiphanie nous appelle à faire resplendir dans nos vies, où que nous soyons, la joie de l’Évangile.