En ce temps de rentrée scolaire, professionnelle, paroissiale, etc… nos relations sont empoisonnées bien souvent, comme nous l’a dit saint Jacques dans la deuxième lecture, par la jalousie, les convoitises, les rivalités : nous cherchons bien souvent à devenir plus riches, plus forts, plus intelligents, plus libres que celles et ceux que  nous côtoyons. Ne dramatisons pas non plus, quand cela nous pousse à faire toujours plus et mieux !

                    Dans l’évangile de ce vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire, au moment où Jésus veut annoncer à ses disciples, pour la deuxième fois, sa mort et sa résurrection ; qu’il va être trahi par les siens, puis souffrir et être mis à mort et eux, n’ont qu’un seul souci… savoir qui parmi eux va être le plus grand ! Jésus parle de sa mort et eux de leur pouvoir.

 

                 Quand nous imaginons Dieu, nous nous en faisons une image d’un souverain tout puissant. Notre Credo ne nous fait pas dire : Je crois en Dieu tout-puissant, mais « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant ». La puissance de Dieu est celle de l’amour, de la paternité. En sa passion, vers laquelle Jésus s’avance librement, Jésus s’est vraiment fait  « le dernier » de tous, « le serviteur » de tous. La Croix est la seule et véritable image de Dieu. Il est bien vrai que Dieu est le Premier, le plus Grand, mais c’est dans le service, dans l’amour qu’il est imbattable. Ne sommes-nous pas comme les disciples ? Nous acceptons difficilement l’apparente absence de Dieu, son silence, son humilité incroyable !

                 Si telle et la grandeur de Dieu, cela provoque aussi un retournement complet de nos conceptions sur la grandeur de l’homme. Dans notre monde, ce qui est naturel, c’est de rechercher la position de force et il en est de même dans le monde animal. Mais Jésus vient précisément renverser cette logique : que le premier se fasse le dernier, que le plus grand soit « le serviteur » de tous ».

      

                 Qu’aurions-nous fait à la place de Jésus ? Renvoyer ses douze disciples qui se comportent comme des enfants gâtés ? Jésus, lui, réagit autrement : au lieu de les corriger vertement, au lieu de leur faire la morale, s’étant assis, comme leur égal, comme un maître qui n’a pas besoin de dominer ses élèves, mais qui se met à leur niveau. Plutôt que de faire appel au langage, il fait parler une situation : « Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille… »

                 Son enseignement vaut pour tous ceux qui veulent devenir ses disciples : pas question pour nous de savoir qui est le plus grand ou le plus pieux, si nous voulons être les premiers, nous avons à suivre la voie du serviteur, servir comme Jésus a servi les siens, quitte à leur laver les pieds. Sachons reconnaître que nous ne savons pas toujours accueillir ni faire exister suffisamment tel membre de nos familles, de la paroisse ou de nos associations. L’humilité  véritable, c’est de regarder les autres comme des personnes dont on veut favoriser la croissance : les servir et les faire grandir, physiquement, mais aussi dans la vérité, dans la droiture, dans l’amour. L’humilité  ne dit pas : « Mon Dieu, je ne suis rien du tout ! ». L’humilité dit : « Mon Dieu,  aide-moi à servir, même celui que j’aime moins ! »  En reconnaissant simplement comme un enfant que nous recevons tout de Dieu, nous nous libérons de cette volonté de toute-puissance et de domination. Alors, comme le Christ, en cette eucharistie, nous apprenons à servir, tout simplement. AMEN.