Frères et sœurs, c’est donc Marie, la mère de Jésus, en route vers sa cousine Élisabeth,
qui va guider nos pas pour cette méditation du dernier dimanche de l’Avent. C’est la dernière
lumière qui s’allume avant Noël. « Heureuse celle qui a cru »…C’est grâce à la foi de Marie
que nous entrons dans l’Alliance nouvelle que Dieu vient sceller avec l’humanité. Tout d’abord,
dans ce mystère de l’incarnation, nous pouvons déjà entendre Dieu dire à son peuple et à chacun
et chacune de nous&: « Je suis présent dans votre attente ! Vous tous qui peinez et souffrez, qui
cherchez un sens à cette vie, je suis là au cœur de vos vies, avec vous. »

Cette présence de Dieu en Marie devient physique. C’est le Fils de Dieu qui prend
chair de notre chair, qui assume tout le poids de notre humanité sauf le péché, afin d’affirmer
d’une manière irrévocable que Dieu s’est engagé avec nous dans notre lutte contre le mal, le
péché et la mort. Église de Jésus-Christ, nous ne sommes « tous »que des pécheurs. Et
pourtant, nous sommes appelés à vivre cette espérance de Marie.

Écoutant la voix de l’ange, Marie se mit en route et se rendit avec empressement…, elle
entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth qui, bien que stérile, en est à son sixième mois
de grossesse, grâce à l’action de l’Esprit de Dieu. Toute disponible à cette action de Dieu en elle,
elle se rend chez sa cousine porteuse du Christ et, en ce sens, elle inaugure déjà sa vocation de
disciple. Elle est la première disciple-missionnaire de son fils. Car, avant d’être une maternité
physique, ce qui se vit en Marie, est une maternité spirituelle. Remplie de l’Esprit Saint,
Élisabeth rend grâce « L’enfant a tressailli d’allégresse en moi. » et elle affirme : « Bienheureuse
celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! ». Saint
Augustin dira de la Vierge Marie : « Elle conçoit le Christ dans son cœur avant de le concevoir
dans son sein…».

Voilà toute la portée du Oui de Marie, et c’est pourquoi saint Augustin dira dans un
de ses sermons : « qu’il est plus grand pour Marie d’avoir été disciple du Christ que d’avoir été
mère du Christ.» Et avec Marie, notre mère, nous aussi, nous sommes disciples-missionnaires
du Christ, appelés à donner, nous aussi, le Christ au monde. Mais comment cela va-t-il se
faire ? Le défi n’est-il pas trop grand pour nous ? Mais c’est pour ce monde que le Christ envoie
son Église. N’attendons pas des jours meilleurs quand il nous faut vivre l’aujourd’hui de Dieu.

Donner le Christ au monde, ce sera tout d’abord, croire comme Marie, c’est-à-dire
poser un acte de foi qui fait pleinement confiance à Dieu, Lui qui est au cœur de toutes nos
attentes, de tout ce que nous pouvons porter comme projets, comme épreuves, comme engagements,
comme relations aux autres. Donner le Christ au monde, ce sera croire que Dieu est capable de
réaliser en nous toutes ses promesses de salut, qu’il est capable de nous donner de vivre de sa
vie dans la foi et la confiance, qu’il est capable de nous faire marcher à la suite du Christ
courageusement dans l’ordinaire, aussi inquiétant soit-il, de nos vies à l’exemple de Marie qui va
visiter sa cousine Élisabeth. Car Jésus est pour tous, il est pour chacun et chacune d’entre nous, il
est pour moi, il est pour vous qui m’écoutez.

Marie offre son Fils à l’humanité représentée par Élisabeth et ainsi elle anticipe
l’Église. Par Marie, Jésus vient dans le monde. Par l’Église, bien qu’imparfaite, il naît encore dans
le cœur de millions d’êtres humains. A l’exemple de Marie, demandons à Dieu qu’il fasse que
dans toutes les rencontres de ces fêtes, les cadeaux que nous allons offrir, les visites que nous
nous préparons à faire… l’Esprit Saint nous fasse connaître et reconnaître qui est Jésus, révèle sa
présence et son amour dans nos vies. L’Eucharistie que nous célébrons va nous donner de
communier à l’Amour du Christ. Qu’il purifie et transforme nos cœurs. AMEN.