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Frères et sœurs, chers amis,

Chaque année, nous aimons fêter Ste Anne en ce sanctuaire Ste Anne de Marcillé, un dimanche proche du 26 juillet, fête de la Ste Anne pour l’Église universelle. A Marcillé-la-Ville, nous prenons de l’avance de quelques jours. Félicitations à Mr Rémi Brizard, président et à toute son association des Amis de Ste Anne de Marcillé. Vous savez animer le hameau, promouvoir la mémoire vivante du lieu et entretenir le patrimoine de cette église : Bravo

Il y a plein de sanctuaires dédiés à Ste Anne, la Mère de Marie, la grand-mère de Jésus. Le plus connu des sanctuaires en France est Ste Anne d’Auray. Nous nous y rendrons jeudi en pèlerinage diocésain avec 36 inscrits. Ste Anne est apparue à Yvon Nicolazic en juillet 1624 : « Yvon, ne craignez pas : je suis Anne, mère de Marie ; dites à votre recteur qu’il y a eu autrefois ici une chapelle, la première qui me fût dédiée dans le pays des bretons. Je désire qu’elle soit rebâtie…Dieu veut que je sois honorée ici ».

Prions pour nos familles. Dieu sait l’importance des mères/des pères : pensons à st Joachim, l’époux de Ste Anne, et des grands-mères/grands-pères.

Que le Seigneur nous préserve du péché de la division, de l’individualisme, de la jalousie, de l’amour immodéré de l’argent qui nuit à la vitalité de nos familles. Que la miséricorde du Seigneur emplisse nos cœurs

 

Homélie : Jr 23, 1-6 ; Ps 22 ; Ep 2, 13-18 ; Mc 6, 30-34

Frères et sœurs, chers amis,

Habituellement, les statues de Ste Anne représentent Anne apprenant à lire à Marie, enfant.

Anne est une épouse, celle de Joachim ; Anne est une mère, la mère de Marie. Anne est une éducatrice. Et si nous étions attentifs au volet éducatif de notre vie, d’autant plus que l’Évangile du jour nous montre Jésus enseignant et Jésus, éducateur en acte.

Contemplons Jésus. Jésus enseigne. C’est la finale de l’Évangile : « Alors, il se mit à les enseigner longuement ». Jésus n’enseigne pas n’importe où, n’importe comment, n’importe quand ! Jésus sait bien qu’ « on ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif » ! En bon éducateur, Jésus fait grandir le désir des apôtres et de la foule.

Des apôtres : ils rentrent de mission, ils ont, au nom de Jésus, annoncé la bonne nouvelle, visité et guéri des malades, rencontré de l’opposition, du rejet….Alors, Jésus les réunit, les invite à prendre du recul, à se reposer, à relire leur expérience missionnaire. La « réunionite », c’est une maladie. La relecture, en entreprise, la concertation, la mise en commun, c’est une qualité. Voir, c’est important. Revoir ensemble également. Juger des situations, c’est important, réévaluer ensemble également. Agir, c’est important, il ne suffit pas de parler, mais agir de nouveau avec la lumière de l’expérience acquise. Répondre à ce rythme profond de lire et de relire sans cesse son expérience est profondément humain, humanisant, « divinisant ». Jésus choisit le cadre : un endroit désert, à l’écart. Combien l’espace de nos relectures est important pour être le mieux disposé possible. Mais, dans le cadre de notre Évangile, la foule a anticipé le mouvement de Jésus et des apôtres. En fait de désert et de coin retiré, Jésus et les apôtres découvrent une grande foule affamée, assoiffée. Alors Jésus saisit cet événement, en bon pédagogue. L’enseignement est en acte : « Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger ». L’évangéliste Marc a saisi ce détail : le regard de Jésus, la compassion de Jésus. On enseigne habituellement avec des paroles. Jésus le Verbe fait chair, la Vérité faite « chaire » enseigne par tout ce qu’il est. Alors oui, il va enseigner et même longuement, mais pas les apôtres seulement. Il va enseigner des foules qui ont faim et soif. Avons-nous faim et soif de découvertes, d’approfondissement ? Comment aider des parents, des enseignants, des éducateurs, des pasteurs à faire grandir la faim et la soif de ceux qui leur sont confiés ? Comment eux-mêmes ces parents, ces enseignants, ces éducateurs, ces pasteurs, se renouveler sans cesse dans ce désir et ce besoin inextinguible de savoir, de savoir-faire, de savoir-être, de sagesse pour grandir ?

En bon éducateur, Jésus fait grandir le désir et des apôtres et de la foule.

De la foule : celle-ci voit Jésus et les apôtres s’éloigner. L’absence fait grandir le désir. « Beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux ». Les apôtres et la foule sont prêts : « Alors (en bon pasteur), il se mit à les enseigner longuement »

Que d’enseignements sur l’enseignement/éducation, dans cette page d’Évangile :

Où ? Sur les bancs de l’école et de l’université ? Sur le terrain de l’expérience ? A l’écart : les vacances sont un temps propice

Quand ? Quel est le moment opportun pour enseigner/éduquer, pour intervenir ? L’art et la manière. La pédagogie. Les vacances sont un temps propice

Comment ? Par la parole et par les actes. Par la lecture et par la relecture. Par la découverte, et par l’approfondissement. Les vacances sont un temps propice.

N’oublions pas le dernier mot de l’Évangile : « longuement ». L’école de la vie est l’affaire de toute la vie. Toujours, nous serons des êtres enseignés pour grandir. Les nouvelles générations, adeptes de la culture numérique en savent souvent plus que leurs aînés. La génération des aînés en connaît normalement plus sur la vie que les plus jeunes. Nous avons à nous enseigner mutuellement, à nous laisser enseigner par Dieu et par son Église. Ste Anne est « statufiée » comme la mère qui enseigne comme pour nous inviter à nous laisser modeler par l’Esprit-Saint, dans la lecture/relecture continuelle des événements. Par exemple, ces jours-ci, la récente coupe du monde de football nous aura appris que « l’union fait la France ». Rappelons-nous surtout l’exemple de la fille de Ste Anne : « Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ». AMEN