« Jésus dit une parabole pour montrer qu’il faut prier sans se décourager » Voilà un message important qu’il veut faire passer en nos cœurs. C’est aussi ce qu’il veut faire comprendre dans la première lecture du Livre de l’Exode : Elle nous montre Moïse suppliant le Seigneur pendant que Josué combat les Amalécites. La prière authentique au Dieu de l’Alliance est toujours entendue et porte des fruits. Depuis les origines, l’Église a vu dans ce texte l’illustration de la nécessité de prier sans relâche.

Aujourd’hui, des hommes et des femmes, des enfants crient vers Dieu. C’est le cri de tous les malades, les persécutés, les affamés victimes de la haine, de la violence et du mépris d’autres hommes. Ils sont nombreux dans le monde ceux et celles qui connaissent le malheur, la souffrance physique et morale. Il se peut même que certains n’appellent pas Dieu, tellement ils sont désespérés. Mais leur détresse est comme une prière. Dans notre célébration de ce dimanche, nous rassemblons tous ces appels et les unissons à la prière de toute l’Église pour le monde.

Mais beaucoup disent qu’ils prient, mais ils ont l’impression que leur prière n’est pas exaucée. Jésus leur répond en racontant la parabole d’un juge qui reste sourd à la requête d’une veuve. Nous connaissons cela quand l’administration ne veut rien entendre. C’est vraiment difficile d’obtenir gain de cause, mais cela arrive parfois. Alors, Jésus prend cet exemple pour nous parler de Dieu. Ce juge a répondu à la demande de la veuve, car il n’en pouvait plus d‘entendre ces supplications répétées. A plus forte raison, Dieu qui est père, ne peut que rester attentif à toutes nos demandes.

Le problème ne vient pas de Dieu, mais de nous. Dieu est toujours à l’écoute, mais bien souvent, il n’y a personne pour l’écouter. Nous ne pensons qu’à notre demande et nous n’obtenons pas la réponse que nous attendons. Et pourtant, nous avons été entendus bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. L’important, c’est de rester en dialogue avec Lui et de ne pas rester centrés sur nous et nos demandes. Il a infiniment mieux à nous donner. Le but de la prière, c’est de nous ajuster à Dieu qui ne demande qu’à nous combler. La question n’est pas de demander à Dieu d’agir en notre faveur, mais d’être sûrs qu’il agit sans cesse dans notre vie.

Nous comprenons alors pourquoi le Christ nous demande de prier sans cesse. Il est là, présent et agissant dans nos cœurs. Nous sommes invités à être unis à Lui, car c’est Lui qui prie sans cesse en nous tout au long de nos journées. Cela implique que nous prenions le temps de nous arrêter pour prier, seuls dans notre chambre, et avec la communauté chrétienne rassemblée pour l’Eucharistie. C’est ainsi que nous serons de plus en plus reliés à ce Dieu qui est Amour. Ouvrons-lui la porte de notre intérieur le plus secret. Le pire ennemi de la foi, c’est le découragement ; c’est quand on devient blasé, quand on ne voit que ce qui va mal. Le Seigneur nous met en garde contre ce danger. Croire, c’est tenir fermes dans la prière. C’est crier vers Dieu, jour et nuit, sans baisser les bras à l’exemple de la veuve ! 

En ce mois du Rosaire, nous faisons passer notre prière par la Vierge Marie. Elle est là pour nous renvoyer au Christ et à son Évangile. N’hésitons pas à lui donner la place d’honneur dans notre vie. « Ensemble, nous nous tournons vers toi, Seigneur, garde-nous dans ton amour. Au milieu de nos activités, de nos joies et de nos peines, donne-nous de vivre en enfants de Dieu et de grandir dans la foi pour témoigner ainsi de la présence du Christ ressuscité dans notre monde ». AMEN.