La fête de l’Assomption est un rendez-vous important au cœur de l’été. C’est le seul jour férié dédié à la Vierge Marie. Ce jour-là beaucoup de chrétiens sont rassemblés dans de nombreux sanctuaires pour la fêter comme il se doit, à Pontmain, à la basilique d’Avesnières, à Lourdes et en de nombreuses chapelles ou grottes de Lourdes. C’est ensemble, les uns avec les autres, que nous nous unissons à l’action de grâce de Marie, à la prière de toute l’Eglise pour notre monde d’aujourd’hui.

                  Le récit de l’Apocalypse, la 1ère lecture, est un peu déroutant. Ecrit pour des chrétiens durement persécutés, il utilise un langage codé et symbolique : toutes ces visions qu’il nous décrit sont là pour nous annoncer la victoire du Christ ressuscité sur les forces du mal. La femme qui engendre le Messie, c’est le peuple de Dieu. Ce Messie est affronté au dragon qui représente Satan, mais aussi l’empire romain totalitaire et persécuteur. Mais contre ce Messie, il ne peut rien. La tradition chrétienne a vu dans la mère de ce Messie la Vierge Marie, mère de Jésus : nous pouvons toujours compter sur elle dans notre combat quotidien contre les forces du mal. Comme nous l’avons chanté, elle est « la première en  chemin ». Elle ne cesse de nous renvoyer au Christ vainqueur de la mort et du péché.

                  La deuxième lecture ne parle pas directement de Marie. Saint Paul nous rappelle que Jésus ressuscité est le premier d’une longue lignée à rejoindre le Père dans sa gloire. Et Marie est la première à bénéficier « en son âme et en son corps » de la résurrection de Jésus, premier né d’entre les morts. Avec elle et avec tous les saints du ciel, nous sommes appelés à la gloire de la résurrection.

                  L’Evangile de ce jour fait suite à l’Annonciation. L’ange Gabriel vient d’annoncer  à Marie qu’elle serait la mère du Sauveur. Ayant appris que sa cousine Elisabeth est devenue enceinte du futur Jean-Baptiste, elle se met en route. Cette rencontre entre Marie et Elisabeth donne lieu à une explosion de joie. Avec Marie, nous sommes invités à rendre grâce au Seigneur qui continue à faire des merveilles. Dans le monde de Dieu, les premiers sont les derniers, les exclus, les humbles ont la première place dans son cœur. Marie se reconnaît proche d’eux. Elle nous le montre dans sa prière, mais aussi dans son engagement qui l’a poussée à faire ce long déplacement vers sa cousine Elisabeth.

                  La visitation ? C’est Marie qui rejoint Elisabeth avec Jésus en elle. La même Marie continue de nous rejoindre chaque fois que nous l’appelons. Quand elle était au pied de la croix, Jésus lui a confié toute l’humanité ; s’adressant à Jean, il dit : « voici ta mère » et à Marie : « voici ton fils ». A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui. Alors, n’hésitons pas à prendre Marie chez nous et à lui donner la place d’honneur. Avec Marie, il n’y a pas de situation  désespérée. Quant tout va mal, nous pouvons toujours nous tourner vers elle. Quand nous sommes en manque de paix et de joie, elle est . Et comme à Cana, elle le dit à son Fils.                      

                  En  ce jour de fête, nous rendons grâce pour ce merveilleux cadeau que Jésus nous  fait en nous donnant Marie, sa Mère. Elle qui n’a eu comme souci « que tout se passe selon la Parole de Dieu ». Avec elle, nous comprenons que la foi est d’abord un bonheur venu de Dieu. Pour Marie, l’Assomption couronne son aventure de croyante. Pour nous, c’est l’espérance que, si nous demeurons simples et humbles comme Marie, le Seigneur réalisera en nous de grandes choses. C’est la certitude que si nous restons unis au Christ, nous aurons, nous aussi, part à sa gloire. AMEN.