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Frères et sœurs, chers amis,

Après la fin des classes, c’est désormais le temps des vacances pour beaucoup. Tous ne peuvent partir, mais tous nous pouvons décompresser et nous ressourcer. Et si nous faisions une cure de silence et d’oxygénation de tout notre être : corps, âme et esprit, une cure de famille et de relations d’amitié, une cure de foi et de culture ! Que la Parole de Dieu descende au plus profond de nous-mêmes ! Soyons inventifs !  En ce début de célébration que cette expérience de St Paul soit également la notre : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse »

 

Homélie : Ez, 2, 2-5 ; Ps 122 ; 2 Co 12, 7-10 ; Mc 6, 1-6

 

Frères et sœurs, chers amis,

Un Évangile étonnant !

Le texte lui-même parle de 2 étonnements

Le premier, celui des pratiquants de la synagogue de Nazareth. Du temps de Jésus, tout garçon de 13 ans ayant accompli sa Bar Mitzvah est devenu adulte. Il peut lire les rouleaux de la loi et commenter. Jésus parle avec sagesse et autorité : « De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : ‘’D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? ‘’ Et ils étaient profondément choqués à son sujet ». Frappés d’étonnement, choqués ! Pourquoi : parce qu’ils le connaissent trop bien ! Parce qu’ils le connaissent mal ! Jésus est bien étiqueté comme faisant partie des leurs avec un métier, avec des relations familiales connues de tous : le fils de Marie, avec des frères et des sœurs, au sens oriental de la famille élargie. Jésus est comme nous : comment peut-il parler avec autant de sagesse ? Comment peut-il de ses mains de charpentier faire de « grands miracles ». Ce n’est pas possible. Cet étonnement se referme sur eux-mêmes. La grâce de l’étonnement est d’ouvrir sur un horizon plus large, de faire découvrir une facette de la personnalité de l’autre, de faire place à l’inattendu, d’aiguiser la curiosité, d’alimenter la recherche, de se déployer en action de grâce, en confiance. Rien de tout cela, ici. Cet étonnement est fermeture, incompréhension, rejet. « Partout où Jésus passe, il fait le bien », il multiplie les signes du Royaume avec les miracles. Partout il invite chacun à aller jusqu’au bout de son étonnement. C’est la porte d’entrée du savoir et de la foi, de la sagesse. Il nous faut cultiver l’étonnement en ces temps de vacances.  C’est bon pour notre équilibre humain. Impossible de découvrir Dieu sans s’émerveiller d’un lever ou coucher de soleil, d’une rencontre, d’une personne…Impossible de découvrir Dieu, sans s’émerveiller de l’histoire de la révélation à travers les Écritures. Qui aurait pu imaginer que Dieu se fasse homme, nazaréen, charpentier, le Très-Haut comme le Très-Proche. Nos idées sont trop étroites. L’étonnement nous maintient en disponibilité de croissance dans la foi !

Le 2e étonnement est celui de Jésus : « Et il s’étonna de leur manque de foi ». Jésus ne dit pas leur absence de foi, mais de leur manque de foi. C’est la tentation de l’incroyance / mal croyance. Jésus s’étonne que nous ne croyons pas, que nous ne croissions pas dans la foi, autant que la grâce le peut en nous. Je vous partage cette page lumineuse de Thomas MERTON (1915-1968. Moine cistercien-trappiste américain) : « Nous vivons dans un monde transparent où la lumière de Dieu brille en chaque instant. Ce n’est pas une fable ou une belle histoire : c’est la pure vérité. Si Dieu est présent à notre esprit, si nous lui abandonnons tout en nous oubliant nous-mêmes, nous pouvons voir cette vérité : Dieu se manifeste partout en toutes choses. Nous ne pouvons être sans Dieu. C’est impossible, c’est tout bonnement impossible ». Il y a plein de passages dans l’Évangile où Jésus s’émerveille de la foi de ses contemporains. Jésus a multiplié les signes. Jésus continue à multiplier les signes dans son Église. « Signes par milliers, traces de ta gloire, signes par milliers, Dieu dans notre histoires », chantons-nous de temps en temps. Dieu ne se lasse pas de nous appeler à la foi. L’esprit-Saint travaille le cœur de tous les hommes et de toutes les cultures. Il nous a tracé le chemin avec le concile Vatican II qui a redécouvert le mystère de l’Église communion et Mission. Dans l’Évangile, Jésus n’en reste pas au constat : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison ». L’évangile se termine par ses mots : « Alors, Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant ». Quand le doute nous taraude : « est-ce que tout cela ne serait pas des histoires qu’on se raconte », « comment Dieu a-t-il pu laisser se faire la Shoah », « comment la souffrance est-elle possible et supportable », alors il faut agir, Alors il faut se réveiller, alors il faut nourrir sa foi. Et si le temps des vacances était le temps propice aux lectures ( NB : Ne négligeons pas les lectures de témoignages ! Mieux encore rencontrons de ces hommes et de ces femmes de chez nous qui vivent de leur foi), aux festivals, à ce croisement incessant de notre foi et de notre culture ! Alors, il faut prier. Alors, il faut s’émerveiller ensemble. La tentation n’est pas péché. « Ne nous laisse pas entrer en tentation ». N’entrons pas dans la tentation du doute. Entrons dans la dynamique de la foi et de la raison, des rencontres, des dialogues avec l’incroyance, avec les religions, avec la société, avec la culture. L’Évangile de ce jour est inclus entre 2 enseignements de Jésus, celui de la synagogue, celui sur les routes de Galilée. La foi du charbonnier n’y suffit pas. Que les heures de loisirs nous jettent sur les routes des découvertes sans fin

 

Frères et sœurs,

Allons « de commencement en commencement », d’étonnement en étonnement,

Non pas l’étonnement qui se renferme sur lui-même car nos idées seraient arrêtées, mais l’étonnement qui ne cesse de s’ouvrir à l’inattendu de l’existence, à l’inattendu de Dieu, à des rencontres qui font vivre. « Ne nous étonnons pas de trébucher ou de vivre des phases de déception dans notre relation avec Dieu ». Dieu est plus grand que notre cœur. La vie est plus grande que nos projets.

AMEN