Je ne sais pas si vous êtes comme moi,  mais quand j’étais encore tout petit, cet Évangile me faisait peur: « Le ciel qui s’obscurcit.. Les cieux qui sont ébranlés.. Les étoiles qui tombent du ciel.. Une terrible détresse sur la terre.. ! » Tout cela me donnait la chair de poule !

Depuis heureusement, j’ai appris à mieux comprendre ce texte ! Et maintenant j’y vois au moins 2 grandes convictions :

La première conviction : c’est qu’il y aura bien une fin du monde actuel, même si personne ne sait ni quand ni comment ça se produira. Mais ce sera pour faire place à un Monde Nouveau et définitif quand le Christ lui-même reviendra dans sa gloire de Ressuscité ! Ce ne sera donc pas un jour de catastrophe et de grand malheur où il faut se précipiter tous dans des abris, mais au contraire « se redresser », nous dit Jésus, car ce sera le jour du Salut définitif. Ce sera comme une formidable explosion de joie et de bonheur éternel, en particulier pour ceux et celles qui auront essayé tout au long de leur vie de semer le plus possible d’amour et d’espérance autour d’eux…

Et ma seconde conviction : c’est que ce Monde Nouveau et définitif est déjà commencé. Il a été commencé, il y a 2.000 ans par Jésus lui-même et par ses apôtres. Et il continue depuis, par tous ceux et celles qui essaient de faire surgir un monde où il y a le plus possible d’amour, de solidarité, de fraternité et de partage. Car ce qui est grave, ce n’est pas forcément que le ciel s’obscurcisse ou même que des étoiles disparaissent. Ce qui est grave aux yeux de Dieu c’est que notre humanité, elle, s’obscurcisse et s’enfonce dans la nuit des égoïsmes, des injustices et de l’indifférence devant tant de vies humaines abimées, saccagées, détruites par toutes les formes de misère, d’abandon, d’exclusion qui s’abattent sur tant d’hommes et de femmes, de jeunes et d’enfants, et sur tant de familles ou de personnes isolées !

Aussi ce vieux monde, il nous faut travailler, jour après jour, à le faire disparaître pour faire surgir un monde nouveau. Et c’est bien l’appel que nous adressent toutes les victimes de la Première Guerre Mondiale dont nous faisons mémoire au lendemain du 11 Novembre et qui ont sacrifié leur jeunesse dans des conditions souvent atroces et plus qu’héroïques avec l’espoir que ce serait la dernière et que les hommes apprendraient enfin à vivre en frères ! C’est le désir ardent que portent au cœur tant de victimes des conflits que se sont succédés et qui durent encore aujourd’hui ! C’est le grand combat pacifique contre toutes les violences, les injustices, les haines, combat qu’il nous faut tous mener sans nous décourager.

C’est aussi le combat jamais achevé que mènent tant d’associations contre toutes les formes de misère autour de nous et dans le monde pour aider des millions et des millions de personnes à se remettre debout, à repartir dans la vie et à retrouver toute leur place au milieu de nous.

Et ce n’est pas pour rien non plus que depuis 5 ans, le Pape François a fait de ce dimanche la Journée mondiale des pauvres, non pas comme une invitation à une aumône occasionnelle, mais comme un vibrant appel à nous convertir et à nous laisser évangéliser par les pauvres eux-mêmes. Et cela, en nous faisant toujours plus proches d’eux et en allant jusqu’au partage de vie avec eux dans une véritable communion fraternelle qui nous permettra de découvrir de manière toujours nouvelle le visage du Christ, le premier parmi les pauvres, celui qui les représente tous.

Beau défi à relever pour notre humanité et pour notre Église elle-même ! Beau défi à relever pour nous-mêmes et pour nos communautés chrétiennes ! AMEN !