Étrange récit que celui des noces de Cana. On en retient toujours, souvent, le vin bien meilleur à la fin qu’au début, mais moi je me demande où est la mariée ! Et on n’en parle pas. C’est que ce texte n’est pas seulement l’histoire du mariage entre un homme et une femme, avec quelques problèmes gastronomiques, mais comme tout mariage, une parabole des noces de Dieu avec l’humanité.

La lecture d’Isaïe, notre 1ère lecture, nous en donne la clé : « Celui qui t’a construite t’épousera… comme la jeune mariée est la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu. » C’est vrai toute la Bible parle du thème des noces de Dieu avec l’humanité.

Un autre mot nous est peut-être plus familier : l’Alliance. Et si Jésus, avec Marie sa mère et ses disciples, a répondu à l’invitation de ces noces humaines, c’est que le cœur de Dieu rejoint le cœur de l’homme. Faire alliance, c’est faire vivre et depuis le début de l’humanité, l’homme et la femme sont des êtres de désir, assoiffés d’amour et de bonheur. Nous voici donc à Cana, à ce carrefour d’humanité où tout homme et toute femme est invité à participer à des noces qui ont la saveur du bonheur et déjà, goût de l’éternité.

Cet évangile de saint Jean nous dit l’essentiel de la Bonne Nouvelle : en cette fête de Noël, Jésus est venu renouer l’alliance entre Dieu et son peuple. Il n’y avait plus que de l’eau, et voici le vin nouveau. C’est Lui Jésus qui va aux noces, c’est Lui qui offre le vin nouveau, bien meilleur que le précédent, c’est Lui dont Marie dit : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Marie sait que Jésus ne reste jamais sourd à la prière des hommes ; elle a une confiance absolue dans la personne de son Fils. Elle est pour nous le plus grand témoin de la Foi, celle qui fait confiance envers et contre tout.

En Jésus Christ, tel et le cœur de notre foi, Dieu s’est fait homme. Il n’est plus relégué dans son ciel, il est au milieu de nous. En Jésus, les noces de l’homme et de Dieu sont consommées. Ce premier miracle préfigure le don suprême que Jésus fera en mourant sur la croix. Ici, il transforme l’eau en vin pour que la fête soit réussie ; mais la veille de sa mort, au cours de son der nier repas, Jésus prend du pain et du vin, il dit une parole qui transforme ce pain et ce vin pour qu’ils deviennent son corps et son sang. C’est ce que nous célébrons à chaque messe. C’est le don suprême de l’Amour où le Christ se donne dans le pain et le vin qui deviennent son corps et son sang pour que nous ayons la vie éternelle, pour que nous ressuscitions tous au dernier jour nous. C’est l’Eucharistie qui fait l’Église.

Frères et sœurs, l’époux, c’est Jésus, et la mariée, c’est nous, rassemblés en Église. Nous sommes l’Église, et chacun et chacune doit tenir sa place dans cette Eglise pour que touts les hommes puissent connaître le Christ. Comme le dit saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens : « Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit qu’il a reçu pour le bien de tous. »
AMEN.