Ce que Dieu dit à Jésus après son baptême, c’est ce qu’il désire nous dire à chacun de nous : « C’est toi, mon fils ». Jésus est venu dans le monde pour appeler la bienveillance du Père sur l’humanité pécheresse, pour nous rétablir dans la famille de Dieu. Jésus, par son obéissance d’amour a vaincu la révolte du péché originel. Maintenant, en nous unissant à lui, nous pouvons entrer de nouveau dans la communion avec Dieu, étant réellement les enfants bien-aimés de Dieu.

Ceci est symbolisé visuellement au cours du baptême du Christ. St Luc nous dit que « le ciel s’ouvrit ». Cela veut dire que, dans le Christ, le ciel et la terre sont de nouveau reliés, reconnectés ; le précipice du péché est surmonté. Ensuite St Luc nous dit « L’Esprit Saint descendit sur Jésus sous l’apparence corporelle comme une colombe ». Ce langage nous rappelle celui de l’Ancien Testament. Le Saint Esprit planant sur le chaos à l’aube de la création : la venue du Christ est une nouvelle création. La colombe qui ramènera la branche d’olivier à Noé après le déluge : le baptême du Christ est un nouveau déluge qui lave le monde du péché et de la mort

Bref, le baptême de Jésus est un condensé de sa mission qui est de réunir chacun de nous avec notre Père céleste, maintenant et pour l’éternité. Le Christ a commencé à s’acquitter de cette mission au moment de sa naissance. Trente ans plus tard, son ministère public commence  avec le baptême, quand Dieu le Père fait pour ainsi dire une déclaration publique de son identité de Fils bien-aimé. La fête de ce jour marque la transition du temps liturgique de Noël à celui du temps ordinaire.

Dès le baptême du Christ, le moyen principal que Dieu a choisi pour nous accueillir de nouveau dans la communion avec Lui, est le sacrement du baptême. Ce sacrement, tout comme le baptême de Jésus par Jean (qui n’est pas le sacrement du baptême) est chargé d’un symbolisme qui nous montre la merveille et la puissance de l’amour sauveur de Dieu.

                            Le symbole le plus évident est celui de l’eau qui nous rappelle tant de merveilles de l’Ancien Testament, depuis le Déluge jusqu’à la purification de Naaman, le lépreux dans les eaux du Jourdain en passant par la traversée de la Mer Rouge, l’eau que Moïse fait jaillir du rocher. Un autre symbole est celui du parrain et de la marraine. Le fait d’avoir un parrain et une marraine qui s’engagent à veiller sur notre vie chrétienne de la même manière que vos parents veillent sur notre santé physique, nous rappelle la « réalité » de notre véritable identité d’enfants de Dieu, même si cette identité est invisible. Enfin il y a le vêtement blanc qui symbolise la purification du péché originel. Le cierge baptismal est une représentation visible de la vie de grâce que Dieu allume en nous et de la fragilité de cette vie qui peut s’éteindre par le péché mortel aussi facilement qu’un coup de vent peut éteindre un cierge.

En contemplant Jésus dans le mystère de son baptême, nous ne pouvons pas ne pas penser à la merveille de l’œuvre de Dieu en nous. Par le baptême, qui est la porte d’entrée dans la vie chrétienne, nous avons à grandir dans l’amitié avec Jésus-Christ par la prière quotidienne, les sacrements, et nos efforts pour suivre son exemple. Nous devenons les ambassadeurs du Christ dans le monde. Par nos paroles, nos actions et notre exemple, chacun de nous est appelé d’attirer les autres à devenir ses amis. Alors que le Christ nous confirme dans son amitié au cours de cette eucharistie, remercions-le de nous unir au Père, et renouvelons notre ardeur à poursuivre la sainteté et l’évangélisation. AMEN.