Alors que notre monde semble de plus en plus désabusé, inquiet à titre pour son avenir, mais trop souvent impuissant à se mettre tous d’accord pour relever les défis planétaires.. Alors qu’il s’enfonce de plus en plus dans la nuit de ses haines, de ses injustices, de ses violences,  incapable à l’échelle du monde et parfois d’un pays, de dépasser ses affrontements, ses intolérances, ses exclusions… Voilà que la Parole de Dieu retentit aujourd’hui comme un éclair dans la nuit, comme l’apothéose d’un feu d’artifice !

   « Jubilez, criez de joie !… Soyez toujours dans la joie ! »

Et nous pouvons nous demander : « n’est-ce pas totalement irréaliste, et en complet décalage avec ce que nous vivons et ressentons à l’approche   de ce Noël ?.. »

Avant de disqualifier cette Parole de Dieu, peut-être nous faut-il regarder du côté de Jean-Baptiste qui se dresse devant nous aujourd’hui, et du côté des foules qui viennent le trouver, en disant : « Que devons-nous faire ? »

 Oui, que devons-nous faire ?.   Car la joie, l’avenir,  le bonheur, ça ne tombe pas comme cela du ciel.. Il faut y croire et l’inventer au quotidien… Oh pas forcément uniquement dans les grands rassemblements ou les révolutions planétaires, même s’il faudra peut-être y arriver un jour ! … Mais par nos propres choix dans ce qui fait le concret de nos vies.

C’est ainsi qu’à ceux et celles qui ont largement de quoi vivre, manger, s’habiller, Jean-Baptiste déclare : « Partagez.. »  Oui, partagez parce que la terre n’est la propriété de personne, mais qu’elle est confiée à tous pour permettre à tous de vivre.. A ceux dont le métier était de prélever les impôts, il dit : « Soyez honnêtes au lieu de profiter de votre pouvoir pour vous en mettre plein les poches… Mettez votre vie simplement, gratuitement au service des autres !… »   Aux soldats qui occupaient le pays : « N’abusez pas de votre force. Ne faites violence à personne. Respectez la dignité de chacun ! »

Et on pourrait continuer les exemples : à chacun, chacune, Jean-Baptiste indique un changement très concret, une véritable conversion, qui n’allait peut-être pas révolutionner le monde entier d’un seul coup, mais qui était comme une petite lumière, une petite étoile de joie et de bonheur dans la nuit.. Oh ! non pas une joie factice, ni une lumière artificielle, mais une joie et une lumière, un bonheur au fond des cœurs…

Et c’est bien, je crois, l’appel que le Christ lui-même nous lance aujourd’hui : « Allumez chacun, chacune une petite étoile dans le cœur des autres et dans votre propre cœur pour que votre ciel et le ciel de l’humanité deviennent de plus en plus remplis de millions et de milliards d’étoiles qui vous enveloppent de joie et de lumière… »

Alors, nous aussi, comme les foules venant trouver Jean-Baptiste, posons-nous la question : « Que dois-je faire ? » Qu’est-ce que je vais changer dans ma vie pour vivre davantage le partage,.. pour être plus à l’écoute… pour ouvrir encore plus ma porte et mon cœur à ceux et celles qui sont seuls, mal aimés, parfois exclus… Comment je vais donner plus d’amour à ceux et celles qui en manquent le plus… Comment je vais oser offrir un pardon, vivre une réconciliation… Et plein d’autres choses encore qui mettront davantage de joie et de lumière dans le cœur des autres… et dans notre propre cœur !

Et, comme ne cesse de nous le demander avec force le pape François par rapport aux cadavres de réfugiés qui s’entassent de plus en plus au fond de la Méditerranée ou de la Manche près de Calais, comment allons-nous nous convertir nous-mêmes et aider l’opinion publique à se convertir à l’urgence et au devoir absolu d’accueillir tous ces êtes humains, qui sont aussi des fils et des filles de Dieu… pour mettre fin « à ce véritable naufrage de civilisation » ?

A l’approche des élections et dans les débats actuels, comment allons-nous assumer notre responsabilité de citoyens et de baptisés ?