Frères et sœurs, en ce 19ème dimanche du temps ordinaire, le Seigneur nous invite vivement à être prêts, prêts à tout, prêts à veiller, à être toujours en tenue de service !    

                       Est-ce si facile que ça de veiller ? Veiller évoque une tension, voir une inquiétude : il ne faut pas « manquer » le bus, le train, le rendez-vous… c’est même dans certains cas fatiguant : veiller un bébé, une personne malade… et puis, nous savons nos limites, et l’état de veille peut se transformer en somnolence, comme les disciples à l’agonie du Seigneur.

                       Mais est-ce bien de cette veille dont Jésus nous parle, Lui qui par ailleurs nous dit : « Ne vous inquiétez de rien : à chaque jour suffit sa peine » ? Jésus nous demande de « rester en tenue de service », autrement dit, être bien à ce que nous avons à faire en tenant compte de ce que le Royaume de Dieu est déjà au milieu de nous.

                       Veiller, frères et sœurs, c’est vivre comme s’il était toujours là, comme s’il n’était jamais parti ; c’est ne pas se laisser aller à la négligence, à la paresse, aux banalités, c’est vivre en laissant résonner dans notre cœur cette parole de Jésus : « Je suis avec vous tous les joursjusqu’à la fin des temps. »

                       Cela entraîne que nous essayons d’agir à la manière de Jésus : de partager, de donner, pardonner et de porter attention particulièrement à ceux qui n’intéressent pas ou qu’on ne regarde pas. Dieu se glissera au milieu d’eux ! L’appel à la vigilance ne nous invite-t-il pas  à changer dès aujourd’hui notre rapport au monde comme celui avec la planète et à tous les migrants que nous pouvons rencontrer. L’attitude de veille demande de ne pas nous laisser enfermer dans les réalités terrestres de l’argent, du pouvoir et de nos pulsions de violences, mais de nous ouvrir à la présence de Dieu dans ces mêmes réalités. Pour cela, il nous faut demander un regard de foi, comme le rappelait la lettre aux Hébreux, notre deuxième lecture, en nous présentant la Foi d’Abraham et de tous les croyants de la Bible.

                       Le service est un état de veille permanent. C’est être toujours prêt, disponible, capable de réagir à l’appel du Maître, à l’urgence du moment, à l’appel du frère ou de la sœur. Nul ne sait ni le jour ni l’heure ! Revêtir l’habit du serviteur, c’est choisir de devenir veilleur. Attendre Dieu, le veiller, le guetter, le chercher, c’est être capable d’attention à ce qui, en nous et autour de nous, devient soudain signe de sa présence et parole de l’Esprit. Tout comme Abraham autrefois, le serviteur se met à l’écoute de Dieu et de sa Parole. Il risque et engage sa vie et sa disponibilité. Il devient lui-même instrument du travail de l’Esprit.

                      Dans quelques jours, à l’Assomption, nous fêterons celle qui s’est présentée comme étant la servante du Seigneur, celle qui a veillé sur Jésus, qui a veillé pour lui, qui a veillé avec lui de son premier souffle à Bethléem à son dernier souffle au Calvaire, et qui a continué à veiller même après sa mort parce qu’elle avait confiance. Elle a choisi d’être toujours en tenue de service et elle nous invite à faire avec elle le même choix… étant donné qu’à notre baptême, le Christ nous a remis son vêtement à Lui, le vêtement de serviteur. Quel vêtement portons-nous aujourd’hui ? AMEN.