Les textes bibliques du 28ème dimanche du temps ordinaire nous montrent  l’importance du regard dans notre vie. Nous connaissons le regard méfiant, celui qui ne voit que le mal chez  les autres. Nous rencontrons également le regard  bienveillant, celui qui est attentif aux besoins des autres.

             La première lecture de ce jour nous parle du regard de la Sagesse. Dans le monde de la Bible, la sagesse, c’est Dieu. Pour Lui, « tout l’or du monde n’est que sable… L’argent sera regardé comme de la boue ». C’est pour chacun de nous un appel à changer notre regard sur ces richesses qui risquent de nous détourner de l’essentiel. Dans notre prière, nous sommes invités à demander la Sagesse de Dieu, celle de son Esprit Saint. C’est en Lui seul que nous trouverons le vrai bonheur.

             La lettre aux Hébreux, deuxième lecture, nous renvoie au regard de la Parole de Dieu. Nous n’oublions pas que pour l’Évangile de saint Jean, la Parole de Dieu, le Verbe fait chair, c’est Jésus Lui-même. Nous serons jugés d’après nos actes et nos paroles, mais aussi d’après nos pensées. Cela signifie que nous subirons les conséquences ultimes de nos choix. C’est pour nous un appel à accueillir la Parole de Dieu dans la confiance et la docilité.

              Dans l’évangile de saint Marc, nous lisons que Jésus regarde l’homme qui vient à lui et se met à l’aimer. Puis, par deux fois, il regarde ses disciples avant de leur délivrer un message de la plus haute importance. Il est heureux de voir cet homme qui veut avoir la vie éternelle. Cet homme a observé les commandements depuis sa jeunesse. Aujourd’hui, Jésus l’invite à aller à l’essentiel : « vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel ». Jésus le laisse partir « tout triste » sans lui enlever son amour, il ne le condamne pas. Jésus ne désespère pas de lui, car il l’accompagne au long du chemin et il sait que chacun avance au rythme de sa propre existence. Et si l’exigence évangélique semble difficile pour l’homme, « tout est possible à Dieu ».               

              A travers ces paroles, Jésus nous invite à changer notre regard. L’essentiel, ce n’est pas l’argent ni les richesses ; ce n’est pas non plus le respect de la Loi et des commandements, même si c’est important. Le seul vrai trésor, c’est celui dont Jésus veut nous combler. Le vrai bonheur, c’est d’aimer, de donner et de se donner. Jésus a tout donné. Il est allé jusqu’au don de sa vie sur la croix. Il nous a ouvert un passage vers le monde nouveau qu’il appelle le Royaume de Dieu. Pour le suivre sur le chemin qu’il nous montre, il nous faut nous détacher des richesses de ce monde et donner toute sa place à l’amour et à la générosité.

               Pour beaucoup, c’est trop demander. Les disciples eux-mêmes demeurent sceptiques. Alors Jésus les regarde pour leur délivrer un message de la plus haute importance. C’est vrai qu’il leur demande l’impossible. Mais il leur promet que les renoncements à cause de l’Évangile leur  vaudront le centuple, même si cela passe par les persécutions et l’incompréhension du monde. Ce qui est proposé, c’est de nous laisser envahir par ce regard plein d’amour du Christ. Au jour de notre baptême, nous avons été immergés dans cet océan d’amour qui est en lui. Si nous restons en communion avec Lui, nous comprendrons que ses exigences ne sont pas une menace, mais un appel à vivre en plénitude.

               Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur continue à nous appeler ; il compte sur chacun de nous. Il est avec nous tous les jours pour nous conduire sur le chemin de la vraie vie. Il est venu pour que tous les hommes du monde entier et de tous les temps aient la vie en abondance. Sa priorité est de chercher et sauver ceux qui courent à leur perte. Se laisser regarder par l’amour de Dieu, se laisser porter par sa Parole, se laisser emplir de la Sagesse, c’est la porte de la vie éternelle, c’est le chemin du vrai bonheur. Comme les disciples, nous ne comprendrons pas tout. Mais ce regard de Jésus changera notre vie et la transformera. Ce regard passionné, c’est comme un feu qui ne demande qu’à se répandre dans le monde entier. Il suffit d’une étincelle ! En cette Eucharistie, prions le Seigneur pour qu’il nous garde fidèles à cette mission. AMEN.